L'AUTOPERSUASION



L'autopersuasion... Vous croyez que ça peut marcher comme remède?...

Franchement, il y a des jours où l'on se demande si les journalistes ne créent pas des évènements quand ils n'ont rien à dire ou à écrire. Je parle bien évidemment des journalistes qui s'adressent au grand public et non pas des journalistes pseudo-écrivains sérieux et compétents de la presse underground, tel que votre serviteur, qui font preuve d'une déontologie incomparable. J'en veux pour preuve le battage médiatique que nous avons subi à propos du virus Sarkozy. Un dimanche soir, je suis bien tranquille dans mon fauteuil à tenter de digérer mon repas du midi qui vient tout juste de s'achever et je somnole devant Le Grand Journal. Mon cortex s'éveille quand Michel Denisot se met à parler d'un dangereux virus qui a bloqué tous les ordinateurs et télévisions de TF1. S'ensuit l'interview d'un «responsable» du Parti Socialiste, Roland Ries, élu maire de Strasbourg en 2008 lors de la cérémonie du « schwörbrief » qui prétend qu'il faudra une armada Bockel-lienne (Jean-Marie Bockel - Avocat et Secrétaire d'état à la défense et aux anciens combattants auprès du ministre de la défense), pour terrasser ledit virus. Affolé, je saute sur mon carnet international de vaccination pour voir si je suis bien à jour et, dans la panique générale, j'arrache fébrilement le câble qui relie mon modem ADSL à mon routeur et à ma Sony toute neuve et j'en fait un noeud de chaise. Un peu groggy par l'annonce de ce nouveau fléau qui promet d'être dévastateur, je décide néanmoins de couvrir l'événement et je m'extirpe de mes pénates pour rejoindre un ciber-café (ceux qui suivent auront noté que j'ai sabordé ma connexion internet et coupé mon plasma). Je vais sur le site de mon FAI qui diffuse des dépêches de presse et j'y apprends que le cataclysme était prévu, mais le pire restait à venir, jour où les bien-heureux électeurs et électrices vont se réveiller. Panda, à la précision toujours aussi diabolique (on comprend mieux maintenant pourquoi on protège cet animal!), déclare que 53,06% des ordinateurs français sont infectés par le virus Sarkozy. Même si la firme anti maladie vénérienne ne nous dit pas combien la France compte de petits écrans, ce chiffre fait froid dans le dos. Par honnêteté intellectuellle, je vais jusque qu'au bout de la dépêche et je constate qu'elle a été rédigée par TF1... tout s'embrouille dans mon esprit: comment ceux qui ont été si durement frappés peuvent-ils encore continuer à envoyer des articles? Ils engagent des sur-hommes à TF1? Dans un sursaut de lucidité, je me connecte sur le Canard Enchainé et je lis tout ce qu'il faut savoir sur le ver. Rassuré, je me dit que l'utilisateur lambda qui à cocher la bonne case pour paramétrer correctement sa box est hors de danger. Pendant un instant, je me demande bien pourquoi l'électeur lambda, ainsi que le responsable réseau de TF1 n'en ont pas fait autant! La seule bonne nouvelle dans tout celà, c'est que ceux qui continuent avec Gérard Schivardi et son Parti des travailleurs (PT) ne sont pas menacés par le virus car le couple Sarkozy-Schivardi ne fait pas bon ménage!... Grâce au service informatique, mon ordinateur ne craint pas les virus... Grâce à TF1 mon unique neurone ne craint pas les virus... L'autopersuasion... Vous croyez que ça peut marcher comme remède?...





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Cocainum-hydrochloricum - Part 4


Cocainum-hydrochloricum. La surface d'un miroir.

La gorge sèche, Dider’ pensa d'abord révéler sa présence mais un vieux réflexe de prudence prit le dessus qui l'incita à un temps d'observation. Apparemment, il était de nouveau face à un cul-de-sac car les trois faces du cube étaient aussi lisses que la surface d'un plan d'eau. Une idée s'imposa alors à lui. Elle était absurde, il le savait, mais il ne put l'empêcher d'envahir son esprit. Une salle d'attente. Il était arrivé sur le seuil d'une salle d'attente. Et ce type, sur son tabouret, attendait patiemment son tour. Il soupira en tournant la tête. C'était stupide. Qu'est-ce qui lui prenait d'imaginer des choses aussi folles ? Pour tenter d'évacuer cette ineptie de sa tête, il s'obligea à s'intéresser à l'homme. Que faisait-il, assis là ? Dider’ se racla la gorge. S'il comptait attirer l'attention, il en fut pour ses frais. Posé sur son siège, l'autre ne bougea pas d'un millimètre. Et encore moins lorsqu'il redoubla en haussant le ton. Perplexe, il finit par s'aventurer à l'intérieur du cube, se rapprocha de l'homme qui se tenait assis, jambes croisées, penché, les coudes sur les cuisses, la tête entre les mains, presque dans la position du « Penseur de Rodin », et s'aperçut qu'il s'était à nouveau laissé abuser. Il s'agissait en fait de l'un de ces curieux mannequins découverts quelques minutes auparavant dans la première galerie. Oui, mais dans ce cas... Inquiet, Dider’ se demanda comment la « créature » était arrivée jusque-là. Sauf à considérer que « quelqu’un » l'y avait déposée, il avait bien fallu qu'elle s'anime... Donc, soit elle était vivante, soit des êtres vivants évoluaient à son insu dans cet univers. Frappé par cette évidence, Dider’ commença par reculer avant de se reprendre et faire le tour de cette silhouette tout en veillant à demeurer hors de portée. Cela lui permit d'observer qu'il avait vraiment affaire à un mannequin. Le Penseur n'avait pas de muscles apparents, pas de doigts dessinés, pas de cheveux, une peau terne et lisse dépourvue de pores et de poils. S'accroupissant devant lui, il découvrit ce qu'il attendait, c'est-à-dire une face plate qui ressemblait à l'un de ces masques sans reliefs derrière lesquelles les intrigantes d'un autre siècle se cachaient pour entretenir un anonymat de convention.Reprenant son mouvement circulaire autour du mannequin, il décida soudain de le tester. Presque malgré lui, il avança la main, la posa sur son épaule et la retira aussitôt en éprouvant la sensation d'une violente brûlure qui le fit inspirer profondément. Il vit alors avec stupeur l'empreinte de sa paume sur l'épaule de la forme assise. Tout. Ses doigts, et tout le lacis de ce qui fait le pain quotidien et le bonheur des diseuses de bonne aventure. Sa bouche se décrocha lorsqu'il constata que, en revanche, l'intérieur de sa main était devenu aussi lisse que la surface d'un miroir. Un souffle, à peine un courant d'air, au-dessus de sa tête attira momentanément son attention. Il découvrit alors un conduit parfaitement circulaire dépourvu de la moindre aspérité, donc impossible à escalader même en montant sur le tabouret, sorte de colonne géante dont on ne distinguait pas l'extrémité.
Il se dévissait le cou pour tenter d'y apercevoir un quelconque point de repère, lorsque la sensation d'une démangeaison l'obligea à baisser les yeux et, son regard retombant sur sa main, il éprouva un immense soulagement en voyant qu'elle avait recouvré son intégrité. Toutes ses empreintes. C'était tellement inattendu qu'il l'inspecta sous toutes les coutures pour en être vraiment sûr. Mais quand il constata que « l'enveloppe » du Penseur était de nouveau lisse, il se sentit définitivement rassuré. Une lueur palpitante se matérialisa alors, gagnant sans cesse en puissance, donnant naissance à un rayon qui tomba droit sur la statue, comme s'il s'agissait d'un prolongement du conduit. La masse de lumière l'encercla comme quelque chose de solide. Tout était net, bien tranché.


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Cocainum-hydrochloricum - Part 3


Cocainum-hydrochloricum. Un phénomène de succion.

Le souffle suspendu, il jeta de longs regards autour de lui, n'osant plus bouger, craignant une arrivée intempestive. Sa nudité prit tout à coup une importance primordiale. Quitte à être découvert, il fallait qu'il enfile quelque chose. La première fringue qui lui tomberait sous la main.
Seulement, il eut beau se dévisser le cou, il n'aperçut nulle part le moindre vêtement. Constat qui ne manqua pas de le décontenancer dans le contexte. Car, en règle générale, personne ne couche complètement habillé. Intrigué, il se rapprocha avec précaution des silhouettes des dormeurs et se pencha au-dessus d'eux. Aussitôt, il se redressa vivement, étouffant un cri dans la paume de sa main. Des mannequins ! La gorge sèche, aussi intrigué que et déconcerté, il resta quelques minutes immobile, comme en suspens, à se pénétrer de la réalité de ce qu'il voyait. Pourtant, il fallait bien se rendre à l'évidence : aucun souffle de vie n'émanait de cette collection de pantins sagement alignés comme un lot d'endives dans une caissette d'hypermarché... Leur examen acheva de le dérouter car s'ils n'avaient évidemment pas de sexe, il était également impossible de les identifier les uns des autres, ces formes n'ayant justement aucune forme au niveau du tronc, c'est-à-dire pas de seins ou de pectoraux, et seulement une surface lisse et plate à la place du visage. Cette découverte perturba Dider’ au point que sa peau entière se granula. C'était inexplicable mais il ressentit brusquement une profonde angoisse à la vue de ces ébauches mal dégrossies. Un inexplicable malaise. Comme s'il considérait quelque chose qui éveillait la pitié. La compassion. Il se secoua. Comment pouvait-on éprouver un quelconque sentiment à la vue d'un mannequin ? Jamais, de toute son existence, la vue d'un de ces corps plastifiés n'avait éveillé chez lui la plus infime émotion. Malgré lui cependant, il avança la main, laissa courir l'extrémité de ses doigts sur quelques-unes de ces formes, fut surpris du froid qui s'en dégageait par rapport à l'atmosphère lourde de l'endroit. Perplexe, il finit par se remettre en route. Après avoir dépassé les espèces de râteliers, il progressa un certain temps dans une sorte de tunnel qui allait en se resserrant insensiblement, tout en continuant à s'interroger sur cette incroyable vague sentimentale qui venait de le submerger quelques minutes auparavant ; tout à coup, il s'arrêta : il venait de comprendre pourquoi il avait réagi de la sorte en contemplant ces formes imparfaites. Elles s'étaient superposées dans sa tête à celles des personnages d'un film d'horreur qu'il avait vu récemment ; en fait de personnages, il s'agissait d'ailleurs plutôt d'entités, d'êtres en gestation, sortes de fœtus végétaux issus de cosses géantes. Ce constat le frappa d'autant plus que ces extra-terrestres finissaient par envahir un village, une ville, un état, un pays, et enfin le monde entier. Comment avait-il pu se sentir solidaire de telles créatures ? Plongé dans ses interrogations, il reprit sa marche et cessa rapidement de se torturer les méninges en découvrant soudain un mur devant lui. Il commença par pester en se voyant confronté à un cul-de-sac. D'autant plus que rebrousser chemin ne servirait pas à grand-chose puisqu'il ne pourrait remonter l'interminable toboggan spiralé qui l'avait amené jusque dans cette étrange caverne. Pourtant, paradoxalement et bien qu'il se trouvât à peu près dans la situation d'un rat dans un labyrinthe, il se sentit bientôt envahi par un grand calme. Loin d'être affolé, il éprouvait au contraire la même ineffable sérénité qui s'emparait de lui au début d'une phase de transfert. Sans vraiment l'avoir décidé, il se rapprocha du bout de cet étrange tunnel, respira un grand coup avant d'allonger les bras et d'enfoncer ses mains dans la matière qui lui barrait le chemin. Un phénomène de succion l'entraîna alors et il plongea littéralement dans ce qui avait l'apparence d'un mur. Il n'eut pas le temps d'avoir peur si l'on songe qu'il fut quasi instantanément recraché dans une nouvelle galerie semblable à la précédente. Se relevant, il se palpa, surpris de se retrouver sec alors qu'il avait eu l'impression d'avoir évolué dans un bain de mucus durant le court laps de temps de la traversée. Interdit, il reprit néanmoins sa progression tout en essayant de se faire une idée de la situation. Un coude se présenta qu'il aborda avec circonspection. Il en fut pour ses frais ; aucune mauvaise surprise ne l'attendait si ce n'est, au contraire, qu'il faisait beaucoup plus clair autour de lui. Il parcourut ainsi une cinquantaine de mètres avant de réaliser que la source de cette luminosité émanait de son propre corps qui était, en quelque sorte, devenu phosphorescent. Engrangeant ce nouveau phénomène, il poursuivit son chemin jusqu'à ce qu'il débouche dans une espèce de salle cubique au milieu de laquelle se trouvait une chaise.Un tabouret, plus précisément. Sur lequel était assis un homme.


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Cocainum-hydrochloricum - Part 2


Cocainum-hydrochloricum. L'enchaînement de faits inédits.

Tout en récupérant, Dider’ s'efforça de prendre la dimension de son nouveau domaine. Ou du moins ce qu'il pouvait en percevoir car il régnait alentour une obscurité propice à toutes les suppositions. A toutes les angoisses aussi... Allongé nu sur un sol rugueux et tiède, il attendit, tous sens en éveil, guettant le moindre bruit, la plus petite manifestation d'une éventuelle présence, tout en essayant lui-même de ne pas se découvrir. Insensiblement, sa vue s'habitua à la pénombre et il parvint à distinguer des formes à quelques mètres de lui. Prudent, il décida de rester encore une poignée de minutes immobile avant de se relever. Un temps qu'il mit à profit pour faire un point sommaire. C'était la première fois qu'une translittération-translocation se passait de cette façon. D'ordinaire, à une ou deux exceptions près, sa « re-translittération-re-translocation » était plus douloureuse certes, mais aussi plus « franche ». Se redressant finalement, il recula pour voir d'où il venait. Il finit par apercevoir l'amorce ovale d'un conduit à deux mètres de hauteur, derrière lui. Machinalement, il voulut porter la main à la paroi toute proche, mais la retira précipitamment : le contact pourtant léger lui provoqua un frisson désagréable qui le traversa de la tête aux pieds en même temps que crépitait une étincelle bleutée. Surpris, il considéra un moment l'extrémité de ses doigts, puis le «mur», quel qu'il fût, avant de tendre à nouveau le bras pour vérifier qu'il n'avait pas rêvé. Après avoir hésité quelques secondes avant de se risquer à un nouvel essai, force lui fut de constater que chaque contact récréait les mêmes effets : une mini décharge électrique très courte qui ne durait qu'une seconde, comme on en prend parfois en touchant une carrosserie de voiture ou bien un appareil électroménager. Du coup, la perplexité de Dider’ ne fit que se renforcer. Où était-il tombé ? Ou plutôt dans quoi ? Il essaya de se remémorer la fin de son parcours. Avait-il à un moment ou à un autre aperçu un quelconque paysage, un pan dé décor qui laisserait penser qu'il ait pu s'engouffrer, par la plus énorme coïncidence, dans un puits de mine ou un conduit d'aération ? Il eut beau se creuser la tête, rien ne vint éclairer sa lanterne. Tout était arrivé trop vite. Et il avait été si surpris de l'enchaînement de faits inédits que sa mémoire visuelle n'avait rien fixé. Inquiet, il avança doucement en créant à chaque pas une étincelle qui, l'espace d'une fraction de seconde, mangeait quelques centimètres d'obscurité. Il faisait lourd. Et l'air ambiant était chargé d'une curieuse odeur de produit chimique. Soudain, dans le champ de vision plutôt restreint qui était le sien, une structure se profila, qu'il aborda avec prudence. En fait, il y avait deux structures semblables, une de chaque côté de l'espèce de galerie, entre lesquelles il se glissa, à la fois hésitant et dévoré de curiosité. Il s'agissait de bâtis métalliques qu'il prit d'abord pour des échafaudages tubulaires de rangement, mobilier habituel des pièces réservées aux archives.Les formes qu'il distingua alors, autant que l'espace réduit dans lequel il évoluait, lui laissèrent à penser qu'il se trouvait dans un sous-marin et que ce qu'il venait d'apercevoir n'était autre que des torpilles rangées dans leur râtelier. Un examen un peu plus approfondi le déconcerta. Pas question de projectiles. Identifiant des corps allongés, il pensa alors à des dormeurs étendus sur des châlits. Un équipage ? Auquel cas, il était bel et bien dans un sous-marin... Cette découverte le glaça. Comment allait-il expliquer sa présence en ces lieux clos ? Il allait fatalement passer pour un passager clandestin, ou pire, un immigré.


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Cocainum-hydrochloricum - Part 1


Cocainum-hydrochloricum. L'amalgame divin.

Victime d'une sorte de « big-bang » à l'échelle humaine, Dider’ commença alors à se répandre dans l'Inconnu. Toutes ses molécules, soudain libérées de l'enveloppe qui les regroupait, s'éparpillaient dans un invisible no man's land. Étrangement, alors que son corps était on ne peut plus dispersé, il se retrouvait dans chacun de ses atomes en mouvement. Il en éprouvait d'ailleurs un intense sentiment de plénitude. C'était la phase la plus agréable de la translittération-translocation. Il avait alors l'enivrante impression d'être en totale communion avec le reste de la création. Il était savoir, connaissance, tolérance, bonté. L'amalgame divin. Un « trip » qu'il ne ressentait que lors des voyages aller. Le retour gagnait en rapidité-douleur ce qu'il perdait en exaltation. Bien que privé de ses yeux, il put bientôt distinguer, au loin, comme des lueurs dansantes annonçant l'aube de sa nuit.
Puis une faille jaunâtre se précipita à sa rencontre, fosse couleur de soufre qu'il franchit en se regroupant brutalement. Il s'attendit alors au pire car arrivait le moment qu'il redoutait le plus. Celui où il plongeait dans un gouffre sans fond, un univers vertigineux où il oscillait entre un froid polaire et une chaleur démente avant de rentrer dans son corps après avoir traversé des conduits tapissés de lames de rasoir dont le diamètre allait en rétrécissant insensiblement.
Tout se passa pourtant autrement. L'abîme safrané franchi, il retrouva immédiatement toutes ses sensations et glissa sur une étonnante couche ouateuse qui freina sa chute jusqu'à l'arrêter complètement. Pris au dépourvu, il mit un moment à appréhender la situation. Jamais jusque-là son transfert n'avait pris pareille tournure. Jamais il ne s'était retrouvé coincé sur une sorte de matelas vaporeux après avoir réendossé son enveloppe. Le cœur battant, n'osant pas remuer un cil, il attendit en prenant la mesure du décor environnant rien qu'en faisant tourner ses yeux dans leurs orbites. Cet examen succinct ne lui apprit rien sinon qu'il semblait entouré de vide. Il sursauta soudain en réalisant qu'il s'enfonçait dans la masse spongieuse qui l'avait soutenu jusqu'alors. La peur le gagna. Une peur panique d'être étouffé par cette curieuse matière. Ses craintes s'évanouirent pour renaître aussitôt, avec plus d'acuité encore, si l'on songe qu'il passa rapidement à travers ce matelas finalement peu épais sans éprouver la moindre gêne respiratoire mais pour entamer immédiatement une nouvelle chute vertigineuse.
Un nouvel arrêt dans les mêmes conditions l'empêcha de succomber à un stress trop violent. Manège qui se reproduisit plusieurs fois avec des chutes de plus en plus courtes. Sans trop savoir pourquoi, Dider’ assimila ces opérations répétitives à des opérations «Black Mirror-filtering». Jusqu'au moment où il glissa dans une sorte de toboggan, interminable spirale qui lui brouilla l'esprit avant de le jeter dans une caverne où il boula, le souffle court.


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Quae commoda sint pornographiae - 73


Quae commoda sint pornographiae - The Bitter End.

Il obligea la fille de «Jacques Royal», à se relever et l'entraîna dehors, toujours sur ses gardes, mais il n'eut pas à repousser une quelconque attaque. Un silence oppressant régnait sur les lieux envahis de décombres fumantes, seulement troublé par des gémissements et des crépitements de flammes. Englobant du regard le décor apocalyptique, il s'apprêtait à utiliser sa radio pour envoyer un signal à «Albrecht», mais il retint son geste. Déjà, le ronronnement saccadé du petit hélicoptère se faisait entendre dans le ciel envahi par toute sorte de fumées. «Manfred» avait devancé sa pensée. Un moment plus tard, il aidait la Présidente du Conseil Régional de Poitou-Charentes, à monter à l'arrière du «Sikorski» et s'installa à côté de l'as des as de la «Grande Guerre» qui redécolla dans le souffle pas trop-puissant de son rotor. Il se passa près d'une minute sans qu'aucun mot ne fût échangé. Enfin, le «Baron Von Richthofen» eut un toussotement dans son micro.
- Tu m'as foutu la trouille, Did’. J'avais l'impression qu'il n'existait plus rien de vivant dans ce coin pourri. Ça a été dur, hein?
- Assez, oui, répondit Dider' d'un ton neutre.
Le «Baron Rouge» fit une grimace en observant la déchirure du pantalon de «Zouave» au niveau de la cuisse, et la plaie qui paraissait au travers. La compresse était partie depuis un bout de temps. Le «Musketeer» était tout entier souillé de sang et de boue. Il donnait l'impression de sortir de l'enfer.
- «La Parabole» a rappelé, ajouta le «Diable Rouge». Il est dans le centre du Mans avec une cinquantaine de militants du «LCR» et il attend ton signal pour lancer la meute. Ils ont intercepté les voyageurs de commerce nationaux et internationaux avant que tu lances ton «Baedeker Blitz» pour éviter des incidents à l’«Elysée» et à «Bruxelles», le «CAC 40» risque de chuter…
- Tu le remercieras de ma part. Je me demandais bien où ils étaient passés, ces grands hommes d'affaires «logés en Belgique pour éviter la Dime et l’Impôt» et tu lui diras qu'il envoie surtout des corbillards «Leclerc», répliqua Dider’ avec un petit sourire grimaçant.
- Je crois que les corbillards ne suffiront pas. Il faudra des pelleteuses et des fosses communes. Et, heu... elle, c'est la vedette?
- Ouais. Elle n'était pas très au point dans son dernier rôle.
La radio de bord lança un appel:
- Gros veau pour le Frelon «rouge», tu me reçois?...
C'était «Clémentine Autain», depuis le «Mark VIII Liberty». Sa voie était vibrante d'inquiétude.
- Cinq sur cinq, Frelon «rouge».
- Comment va Dider’ ?
- Je crois qu'il aura besoin que tu t'en occupes un peu, répondit «Albrecht» en souriant. Il a quelques égratignures. A part ça, il va bien.
- J'en suis ravie! Tu m'entends, Did’?...
Dider’ appuya sur le bouton d'émission.
- Tu peux lancer le moteur, «Clémentine».
- D'accord. Et après?
- Direction Paris, par l’A3.
- J'espère que tu n'as rien à faire à Paris.
- Ce n'est qu'une étape.
- C'est bien vrai que tu as terminé?
- Affirmatif, Gros veau.
- Hé! Fais gaffe à ce que tu dis, le «Viking».
- Le «Base-Jump» est fini.
- O.K.! Je prépare la chambre d'amis pour te recevoir. Ciao.
Dider’ coupa l'émission en souriant. Oui, le «Base-Jump» était bien fini. Le «L.C.R.» n'avait plus besoin de lui et il était décidé à aller chercher ailleurs d'autres prairies plus accueillantes. La France, le Mans lui laissait un goût âcre dans la gorge. Il avait besoin d'air frais, et la jeune dame qui était dans le «Nuffield-Liberty» s'apprêtait à lui en offrir un grand bol et plus, si affinité... Mais «la lutte populaire continue...»


La loi du 11 mars 1957 n'autorisant aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part, que les copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple ou d'illustration, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur, ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite (alinéa 1'` de l'article 40). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal.


© 2005. Didier SIGMÜNSSEN-SIGURET / Montréal. Karl Olsen’ éditions



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Quae commoda sint pornographiae - 72


Quae commoda sint pornographiae - Une installation technique hypersophistiquée, érigée par l’«aile droite» du «Parti Socialiste» grâce à des complicités puissantes au sein du «Medef» et de l’«UMP».

Il en avait fini avec le trio dégueulasse. Il lui fallait maintenant battre le coin encore un peu pour retrouver «Une députée de la 2e circonscription des Deux-Sèvres» dont les scrupules n'étaient sûrement pas la préoccupation principale. Sur le trajet qu'il accomplit pour visiter les locaux encore intacts, il rencontra le fils d'un antiquaire parisien, un anti-communiste , «Laurent Fabius», assis dans la boue », dont un bras pendait le long de son corps, couvert de sang et à moitié arraché. Le gamin gémissait et ne le vit même pas. Dider’ lui jeta sa trousse de secours sur les genoux, c'était tout ce qu'il pouvait faire pour lui. Un peu plus loin, il essuya le feu d'un homme, «Lionel Jospin» alias Langue Agile, dissimulé derrière l'épave d'une voiture, un tir nerveux, maladroit. Toujours en marchant, il lui expédia une volée de calibre 30 avec le «M1941 Johnson Light Machine Gun», plus pour le contraindre à déguerpir que pour le liquider. En effet, l’ancien Premier Ministre de «Jacques Chirac» quitta précipitamment son abri précaire, à quatre pattes d'abord, puis en sprintant tout en claudiquant. Il abandonnait le combat se rendant une nouvelle fois, certainement, sur l’île de Ré.
  • Lionel Jospin, né le 12 juillet 1937 à Meudon (Hauts-de-Seine), est un homme politique français, Premier ministre de 1997 à 2002. Né dans une famille protestante et militante de gauche, Lionel Jospin est issu du second mariage de son père Robert Jospin, un enseignant pacifiste membre du parti socialiste SFIO, avec une sage-femme, Mireille Dandieu. De son premier mariage, Robert Jospin a eu deux enfants : un fils, Maurice, dit Mowgli, futur journaliste et jazzman, ami de Claude Luter, et une fille, Hélène. De l'union de Robert et Mireille Jospin naîtront quatre enfants : Agnès, Lionel, Olivier et Noëlle, qui épousera le philosophe François Châtelet et deviendra romancière. De Meudon, où elle occupe un appartement, puis une villa avec jardin, la famille vient en 1948 s'installer à Paris, dans le quartier de la Bastille, boulevard Richard-Lenoir. Deux ans plus tard, Robert Jospin prend la direction d'un centre d'enfants difficiles, à la Ferté-sous-Jouarre, en Seine-et-Marne. Adolescent, Lionel Jospin a intégré sous le nom de « Langue agile » les éclaireurs unionistes (protestants) de France dans la troupe de Paris-Luxembourg, et à 15 ans, lors d'un camp dans le Jura, a eu pour chef de patrouille Michel Rocard, alias « Hamster érudit ». En 1954, il obtient son baccalauréat au lycée Janson de Sailly. De 1956 à 1959, il est étudiant à l'Institut d'études politiques de Paris et résidant à la cité universitaire Jean Zay à Antony. Il réussit le concours de l'École nationale d'administration en novembre 1961. De 1961 à 1963, il effectue son service militaire comme élève-officier à l'école de cavalerie de Saumur (comme avant lui Jacques Chirac), puis comme officier de chars, chef de peloton d'instruction à Trêves (Allemagne). Il y retrouve le soldat Guy Roux, futur entraîneur de l'AJ Auxerre, et le soldat Jean-Loup Dabadie, futur scénariste et parolier à succès, ainsi que ses copains d'alors : Josselin de Rohan, Jean-Bernard Mérimée et Jean Vidal. Issu d'une famille de gauche, mais rebuté par le stalinisme et la politique coloniale de la SFIO, il rejoint le mouvement trotskiste au début de 1965. Il militera d'ailleurs à l'UNEF contre la guerre d'Algérie. Sous l'influence d'un ami éducateur, Michel Lautrec (1937-2000), il fait partie du groupe Lambert, Organisation communiste internationaliste (OCI) où il milite sous le pseudonyme de Michel, en hommage à son initiateur.
    Lionel Jospin a trois enfants, issus de deux mariages différents. Son premier mariage est avec Elisabeth Dannenmuller, il se marie ensuite en 1994 avec la philosophe Sylviane Agacinski.
    De 1963 à 1965, il est élève de l'ENA, dans la promotion Stendhal. Se trouvent dans la même promo : Yves Cannac, l'ancien président du Medef Ernest-Antoine Seillière, le ministre socialiste Jean-Pierre Chevènement, le sénateur RPR puis UMP Josselin de Rohan, Alain Gomez, le ministre RPR Jacques Toubon, Jean Vidal, Jean-Bernard Mérimée, Tristan d'Albis, et Christian Aubin. Il effectue son stage à la préfecture de Bourges, et son stage « ouvrier » dans les houillères du Nord. Il entre au Quai d'Orsay comme secrétaire des Affaires étrangères à sa sortie de l'ENA, en 1965. Il se trouve à la direction de la coopération économique du Quai d'Orsay, où il travaille avec Ernest-Antoine Seillière.
    En 1970, il abandonne sa carrière de diplomate pour devenir professeur d'économie à l'IUT de Sceaux (92). Après le congrès d'Épinay, il rejoint le Parti socialiste en 1971, à la demande de l'OCI. Il rencontre régulièrement Pierre Lambert ou d'autres responsables de l'OCI. Lionel Jospin n'en mène pas moins une carrière rapide au PS, devenant un protégé de François Mitterrand. Ce dernier, informé des années plus tard par Loïk Le Floch-Prigent de la double appartenance de Lionel Jospin, aurait répondu « Ne vous en faites pas, je sais ! Je m'en charge. C'est moi qui le retournerai ».
    En 1973, il entre au Bureau exécutif et devient Secrétaire national à la formation.
    En 1977 Lionel Jospin est élu au XVIIIe arrondissement de Paris, puis député de cette même ville en 1981, jusqu'en 1986, puis député de la Haute-Garonne réélu 1988 et en 1997
    En 1979 au congrès de Metz du Parti socialiste il déclare "l'objectif du PS n'est pas de moderniser ou de tempérer le capitalisme mais de le remplacer par le socialisme"
    En 1981 François Mitterrand est élu président de la République. Il vient alors d'être élu Premier secrétaire du parti, succédant à François Mitterrand. Lionel Jospin garde ce poste durant toute la durée du premier septennat de François Mitterrand. Il quitte l'OCI durant cette période, rompant ses contacts avec le lambertisme autour de 1981. En 1988, il devient ministre de l'Éducation nationale. Il lance une réforme de la formation des enseignants et redessine la carte universitaire. Mais la contestation lycéenne l'affaiblit en 1990. Sa rivalité avec Laurent Fabius, exacerbée lors du congrès de Rennes en 1990, déchire le Parti socialiste. Lionel Jospin s'éloigne de François Mitterrand, doit quitter le gouvernement en 1992. Après sa défaite aux législatives en 1993, il quitte ses fonctions au PS et songe à se retirer de la vie politique, notamment en demandant un poste d'ambassadeur, ce à quoi s'opposera Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères de l'époque.
    En 1995 suite au désistement de Jacques Delors, il rebondit et est élu face au Premier secrétaire Henri Emmanuelli candidat du Parti socialiste à l'élection présidentielle le 5 février 1995. Donné perdant dès le début de l'élection, il crée la surprise en arrivant en tête au premier tour, devant les rivaux RPR Jacques Chirac et Edouard Balladur et en obtenant un bon score au second. Lionel Jospin redevient alors Premier secrétaire et dirige l'opposition. Il fait alliance avec le Parti communiste, les Verts, le Parti radical de gauche et, le Mouvement des Citoyens pour créer la gauche plurielle qui remporte les élections législatives de 1997 suite à la dissolution décidée par Jacques Chirac le 21 avril 1997.
    En 1997 le 2 juin Jacques Chirac le nomme Premier ministre : c'est le début de la troisième cohabitation. Ayant une image austère, il forme un gouvernement d'union centré sur quelques proches : Dominique Strauss-Kahn, Claude Allègre et Martine Aubry. Cette dernière met en place la principale promesse de campagne : les 35 heures. Assez populaire, il doit cependant se séparer du noyau dur de son gouvernement : contesté par les syndicats enseignants, Claude Allègre abandonne l'Éducation nationale, tandis que Dominique Strauss-Kahn, mis en examen, choisit de démissionner. Lors du vaste remaniement ministériel de 2000, il fait alors entrer les "éléphants" du PS, dont Jack Lang, rue de Grenelle, et son rival, Laurent Fabius, à Bercy.
    De 1997 à 2001 contrevenant à la déclaration commune PS-PC du 29 avril 1997 qui promettait «pour France Telecom, Thomson et Air-France, l’arrêt des privatisations» il entreprend une série de privatisations ou d'ouverture aux capitaux privés pour répondre aux attentes et obligations dues à la construction européenne : France Telecom, Thomson Multimédia, le GAN, le CIC, les AGF, Société Marseillaise de Crédit, RMC, Air France, Crédit Lyonnais, Eramet, Aérospatial-Matra, EADS Banque Hervet. Il déçoit également de nombreux sympathisants de la gauche à propos de l'usine Renault de Vilvoorde en Belgique (bien que manisfestant quelques mois plus tôt contre la fermeture il ne put stopper le processus).
    En 2001, son passé trotskiste est révélé dans des articles de presse (Le Monde, l'Express, le Nouvel Observateur), puis dans deux biographies. La rumeur courait depuis 1982 (alimentée notamment par trois anciens membres de l'Organisation communiste internationaliste, Yvan Berrebi, Patrick Dierich et Boris Fraenkel) mais avait jusque-là été démentie par l'intéressé, qui affirmait avoir été confondu avec son frère Olivier Jospin, lui-même militant avoué de l'organisation trotskiste. L'obligation de reconnaître enfin les faits le déstabilise. Sur le plan économique, Lionel Jospin bénéficie d'une période d'embellie liée à une forte croissance mondiale, avec notamment à l'envol des nouvelles technologies, et a mis en œuvre une politique ciblée sur l'emploi (emplois-jeunes, prime pour l'emploi, baisse de la TVA, soutien à la consommation, allègements de charges, réforme sur l'annualisation du temps de travail en contrepartie des 35h) ; entre 1997 et 2001, le chômage passe du taux record de 12,2% à un plancher de 8,6%, mais il repassera la barre des 9% en 2002. L'impact de la réforme des 35h reste toutefois contesté, pour deux raisons, la première concerne l'efficacité même de la réforme et la deuxième est due au fait qu'à ce moment-là, il n'y avait pas le recul qui permettait de juger correctement. Fier de son bilan, il se présente en 2002 à l'élection présidentielle. Jacques Chirac le prend de vitesse en annonçant bien avant lui sa candidature à l'élection présidentielle. Il gère mal une campagne marquée par le thème de l'insécurité, sujet décrit comme ayant pris une place disproportionnée par certains, principalement dans le traitement de l'information par les médias. D'autres accusent même ces derniers de favoriser l'extrême-droite en attisant le racisme à travers des images ne montrant souvent que des "étrangers", commettant des délits, brûlant des voitures et affrontant les forces de l'ordre. Ces allégations ont été démenties par les médias eux-mêmes, mais l'extrême-droite grimpe néanmoins dans l'opinion publique. Lionel Jospin ne s'en soucie pas outre mesure. Ainsi, il évalue mal ces risques qui s'ajoutent aux divisions de la gauche: il n'arrive pas à rassembler sous sa candidature les composantes de sa majorité plurielle qui présentent chacune un candidat à l'élection présidentielle. Son positionnement n'est pas clair, affirmant au début de la campagne que son "projet n'est pas socialiste", puis nuançant par la suite ce propos avec des drapeaux rouges lors des meetings. D'autre part, ses attaques personnelles contre le Président ont eu un effet mitigé ("Un Président vieux, usé, fatigué"). Enfin, il lui est reproché de ne pas avoir profité des années de croissance économique solide pour affronter les grands problèmes de société, notamment la réforme des retraites. Le scrutin sera marqué par une très forte abstention. Le 17 avril, 5 jours avant le premier tour, dans une interview, il juge inconcevable son absence au deuxième tour. Pourtant, il est éliminé dès le premier tour par les électeurs qui ont placé Jean-Marie Le Pen en seconde position derrière Jacques Chirac qui sera élu très largement (82%) après de larges mobilisations, dans toute la France, contre l'extrême-droite. Dépité par son échec cuisant, il annonce immédiatement son retrait de la vie politique dès la fin de l'élection présidentielle, en déclarant "au-delà de la démagogie de la droite et de la dispersion de la gauche qui ont rendu possible cette situation, j’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conséquences en me retirant de la vie politique après la fin de l’élection présidentielle". Depuis lors, il intervient de temps en temps dans des débats nationaux ou propres au Parti socialiste. Pour la première fois depuis trois ans, il accepte l'invitation de France 2 à « Question ouverte » le 28 avril 2005 pour défendre le « Oui » au référendum sur le traité constitutionnel européen puis est revenu le 25 mai s'exprimer sur le même sujet sur TF1. Son intervention n'empêche pas le « non » de l'emporter.
    En 2005, sort le livre Le monde comme je le vois qui relance les polémiques au sujet de son éventuel retour en politique : c'est en fait la question de la présidentielle de 2007 qui est implicitement soulevée par cette publication. Le 26 novembre 2005, Lionel Jospin affirme sur la radio Europe 1 qu'il n'est pas « candidat à la candidature » du Parti socialiste pour l'élection présidentielle en 2007 et qu'il s'est retiré « de la vie politique active » en avril 2002. Il laisse toutefois sous-entendre à diverses occasions qu'il serait prêt à se présenter si les socialistes le lui demandent. Le 26 août 2006, à l'approche de l'élection présidentielle, Lionel Jospin retourne dans ses rangs. Mais ne se prononce toujours pas pour sa candidature de 2007. Le 4 septembre 2006, Lionel Jospin déclare être "capable d'assumer la charge de chef de l'État" mais le 28 septembre 2006, il annonce finalement qu'il ne sera pas candidat à la candidature pour la présidentielle au sein du parti socialiste. Le 16 Novembre 2006, au cours du vote de désignation du candidat à la presidentielle; il arrive pour voter vers 16 h 50. «Je n'ai pas voté blanc. Qu'il y ait un deuxième tour serait dans la logique de mon vote», lâche l'ancien Premier ministre à sa sortie. Les militants jospinistes chevronnés traduisent qu'il a voté DSK, les fabiusiens assurent qu'il a choisi Fabius.

Il y avait des morts et des blessés presque partout où portait le regard, des ruines et des décombres, les restes d'une installation technique hypersophistiquée, érigée par l’aile droite du «Parti Socialiste» grâce à des complicités puissantes au sein du «Medef» et de l’«UMP». Dider’ était écœuré. Il était encore sous l'emprise du combat qu'il venait de mener, l'adrénaline circulait toujours dans son sang et le soutenait sans défaillance, mais il entrevoyait déjà les troubles rebondissements que pouvait avoir l'affaire du congrès «Socialiste». Il n'était pas loin de penser que la lutte personnelle qu'il menait depuis si longtemps n'était qu'une goutte d'eau dans un océan de vice, de cruauté et d'horreur.

Il trouva «Ségolène Royal» dans une chambre au premier étage du bungalow où il avait vu quelques heures plus tôt passer une ombre féminine. C'était le seul qu'il n'avait pas détruit. L’ancienne «Ministre déléguée à la Famille» se tenait recroquevillée derrière un fauteuil, le visage meurtri et sa robe déchirée à plusieurs endroits. Elle n'avait plus rien de la candidate officielle du «Parti socialiste» pour l'élection présidentielle d'avril 2007, arrogante et sournoise qu'il avait rencontrée au cours de la nuit au «Manoir de Beauvoir».
- Je vous en prie, gémit-elle, ne me faites pas de mal.
- Où est «Jean?....» lui demanda-t-il comme si elle pouvait détenir la réponse à la question qu'il se posait depuis son arrivée. Où sont les autres?...
Contrairement à ce qu'il pensait, elle lui répondit:
- Il est mort. «Jean Jaurès» est mort. Il a été assassiné, ce jour là, avec les autres, au «Café du Croissant», rue Montmartre à Paris.
Elle voulait probablement parler des autres politiciens disparus sans laisser la moindre trace.
- «Dominique Strauss Kahn» et «Jack Lang» disaient qu'ils ne servaient plus à rien. Un homme de main, un certain «Raoul Villain» a fait le travail pour eux.
Il comprit, bien sûr, ce qu'elle voulait dire. Ces grands politiciens au cœur meurtri ne s'étaient pas vendus. On les avait embarqués de force. L’«aile droite» au «Parti Socialiste» avait obtenu d'eux, - le silence, tout ce qu'ils voulaient après de probables et interminables séances de tortures «rue de Solferino», et ces types avaient été abattu. Et ce fut «L’Union Sacré avec l’UMP». Ils avaient confié aux partisans du social-libéral socialiste ce qu’on exigeait d'eux, dans le détail, et même plus encore. On ne pouvait pas le leur reprocher et ils furent abattus pour le profit du «Capital» et du «MEDEF». Le «Musketeer» savait comment ça se passait. Il ne connaissait que trop bien les méthodes de l'«UMP» et d'un certain «Socialisme». Comme en 14, l’histoire se répétait. Nombre de socialistes remisaient hâtivement «la vieille défroque du socialisme au magasin des accessoires» pour le profit de certains puissants.

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Quae commoda sint pornographiae - Une attitude incrédule, les yeux hagards, les mâchoires serrées.

Sans ralentir, le «Musketeer» cribla les corps entremêlés d'une nuée de frelons hargneux qui s'enfoncèrent dans les chairs tressautantes. Il y eut une réaction quasi immédiate à l'intérieur. Des coups de feu claquèrent et Dider’ dut bondir de côté pour éviter les projectiles tirés à travers l'encadrement de la porte. Un instant plus tard, le «Tromblon-Espingole » au poing, il se lança en force contre une fenêtre qui n'avait plus de vitres et qui céda dans un craquement de bois brisé. Un roulé-boulé lui évita de recevoir deux projectiles tirés trop vite par un colosse aux yeux fous qui s'était placé devant «Dominique Strauss Kahn» comme pour le protéger de sa masse. «Jean-Christophe Cambadélis», dans un ultime réflexe, lâcha encore un coup de feu en direction du «projectile humain» qui venait d'atterrir dans la pièce, une fraction de seconde avant que son front épais se disloque comme une pastèque sous la formidable poussée d'une balle de «plomb». Il ne restait plus que «Jack Lang» et «Dominique Strauss Kahn». Tous deux s'étaient tassés contre une cloison et restaient figés dans une attitude incrédule, les yeux hagards, les mâchoires serrées. «Bertrand Delanoë», lui, gisait à côté de la porte, criblé de plombs. Ils n'eurent aucune réaction lorsque la gueule noire du «Tromblon-Espingole» vint se pointer sur eux. Dider’ voulait les regarder en face avant de les éliminer, comprendre pourquoi des êtres aussi vicieux et «prétendument de gauches» restaient ainsi sans réaction aucune, par lâcheté ou calcul. Il vit la crosse d'un «blunderbuss» qui dépassait de la veste de «Dominique Strauss Kahn».
- Prends-le, lui dit-il.
L' adjoint au Maire de Sarcelles, Val-d'Oise, ne bougea pas d'un poil, la bouche tordue dans un vilain rictus, une peur immonde au ventre. Mais les lèvres minces du conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais s'animèrent et des mots fielleux en sortirent:
- T'es rien qu'un sale connard de merde, Dider’ ou peu importe ton blaze. Tu te crois supérieur à cause de ta pétoire, mais t'oseras pas nous saccager la gueule.
- Tu te trompes.
- Alors, pourquoi t'appuies pas sur la détente?
- Tu es pressé? Moi, je contemple ta peur et ta lâcheté.
- Je suis pas con à ce point. Tout le monde sait que tu tires pas sur un homme désarmé.
- Tu te trompes, pourri, car tu n'es pas un homme. Toi et ton pote, vous n'êtes que des ordures qui polluent le socialisme.
La bouche de «Jack Lang» s'ouvrit encore pour proférer une insulte puis disparut dans un jaillissement de sang et de fragments d'os. La puissante détonation avait été terrifiante, elle fut aussitôt suivie par un autre coup de tonnerre et le visage terrorisé de «Dominique Strauss Kahn» disparut à son tour, ainsi qu'une partie de sa cervelle qui éclaboussa le mur derrière lui.
- Rien que deux ordures de plus, grogna Dider’ avant de disparaître.


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Quae commoda sint pornographiae - Run To The Hills...

Dépassant un nid d’«Extravagantes» qu'il avait neutralisé, le «Musketeer» était parvenu à proximité de son dernier objectif, l'avait abordé par l'arrière, profitant de la fumée qui s'était étendue jusque-là. Après avoir liquidé en silence, deux sentinelles, deux «Perruques de quatre pieds de haut» postées de ce côté, il avait pris le temps de jeter un coup d'œil à l'intérieur du grand bungalow. Il avait trouvé ceux qu'il cherchait et les avait écoutés parler.
- Ici, on a une garde de fer, disait «Bertrand Delanoë», mais si tu tiens à aller te faire massacrer avec ton clebs, j'en ai plus rien à foutre.
Il y avait donc de la dissidence dans l'air. La confusion et la peur s'étaient installées dans les esprits, ce qui faisait l'affaire du Viking «rouge».
Une garde de fer? Sûrement pas. Les «Travestis» qui se trouvaient là, aussi bien à l'intérieur que dehors, n'étaient rien d'autre que d'ignobles «hyènes» assoiffés de gros fric et de pouvoir sur les autres. Et leurs hommes de main étaient des «Pions», des «Guignoles» qu'ils mettaient en avant pour se protéger des convoitises et des menaces de leurs pairs. Dider’ ne les craignait pas. L'immense «Cambadélis» qu'il voyait pour la énième fois ne lui inspirait que de la pitié. Peut-être cette montagne de muscles aurait-elle pu être autre chose qu'un sympathisant aux «Libéralismes» en d'autres circonstances. C'était sans doute une question d'opportunité, de chance dans la vie. Dider’ n'était pas là pour lui trouver des circonstances atténuantes, pas plus qu'à ceux qui était censés protéger les grosses légumes, mais pour les éplucher et les faire bouillir. Il surprit un troisième garde sur des «Talons de sept pouces» sur le côté de la bâtisse, lui enroula un garrot autour de la gorge et le fit passer de vie à trépas sans qu'il puisse émettre le moindre cri. Ensuite, il marcha carrément vers la façade devant laquelle se tenaient cinq «Grandes déglinguées» immobiles et apparemment vigilantes. Elles ne l'étaient pourtant pas assez. Sans doute ne croyaient-elles pas à une attaque frontale aussi proche et aussi subite, guettant et observant plutôt les zones d'ombre, à quelque distance du bungalow. Elles virent trop tard le danger et payèrent la faute de leur vie. Des balles chuintantes cueillirent deux d'entre elles sans même qu'elles aient le temps de comprendre quoi que ce fût, et un troisième projectile atteignit en plein front celui qui se tenait devant la porte d'entrée. Dans la seconde qui suivit, celle-ci s'ouvrit en grand, absorbant le cadavre de «Michel Rocard» qui bouscula involontairement «Bertrand Delanoë» en lui arrachant un cri aigu.


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Quae commoda sint pornographiae - Un cadavre tout chaud, agité de petits spasmes nerveux.

Les lèvres de «Jack Lang» remuèrent imperceptiblement et les mots sortirent avec difficulté:
- Il est là, prononça-t-il d'une voix éteinte. Je l'ai vu.
- Qui? Qui tu as vu?
- Un Co… Com… «Communiste».
«Cambadélis» avait sorti son «Ruger» et son front étroit s'était barré d'un gros pli. Un silence poisseux s'installa dans la salle de conférence. Dehors, les détonations avaient cessé, comme si plus personne ne se battait. Ou comme si tout le monde était mort.
- T'es malade? souffla «Bertrand» en hochant doucement la tête.
- J'vous dis qu'il nous regardait. Il était de l'autre côté de la fenêtre. Quelques instants avant, j'ai... j'ai entendu comme un choc ou un bruit de chute, je sais pas trop.
- J' crois que tu as trop d'imagination, «Jack». Dider’ doit être en train de cavaler pour aller planquer son cul.
«Bertrand Delanoë» s'écarta de la fenêtre et se mit à crier:
- «Michel», t'es toujours là?
Une voix se signala de l'autre côté de la porte:
- Je suis là, oui.
- Tout va bien?
- Je crois que c'est en train de se tasser.
- Où sont mes «Grandes déglinguées?...»
- J'en ai deux avec moi, on ouvre l’œil.
- Et les trois autres?...
- Derrière la baraque.
«Delanoë» se tourna vers «Jack Lang»:
- Tu vois? C'était pas la peine de se cailler les sangs.
Comme pour prouver le bien-fondé de son affirmation, il alla ouvrir la porte extérieure et chancela en recevant le corps de «Michel Rocard» dans les bras. Du sang maculait la tête du «viscéralement anti-communiste» et l'arrière de son crâne avait disparu. Le «Maire du tout Paris» émit un couinement aigu en reculant brusquement pour se dégager du cadavre tout chaud et agité de petits spasmes nerveux. Cette fois, la «Miss Rose Petal's» connut la peur, la peur absolue et qui vous cloue au sol.


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Quae commoda sint pornographiae - Aller te faire massacrer avec ton clebs.

Porté par une sorte de rêverie inconsciente, «Bertrand Delanoë» s'aperçut soudain que «Dominique Strauss Kahn» lui parlait avec véhémence, essayant toujours de le persuader de mettre les bouts.
- Si tu veux rester, ça te regarde, «Bertrand». Moi, je m'en vais avec «Kosta».
Les yeux du traitre au «Parti communiste internationaliste» s'animèrent. Il caressa le «Ruger Blackhawk» glissé dans sa ceinture.
- On passera, j'en suis certain.
- Pour aller où, «Dominique ?...» Où veux-tu aller ? On n'a plus de taxis, plus de «bébé» ni de «Sesquiplan», plus rien pour se barrer!
- N'importe où, «Bertrand». N'importe où. On passera par les bois de «Chaoué», ce sera toujours mieux que de rester ici à jouer les dindes.
Le «Maire de tout Paris» eut soudain un geste de main vers la porte.
- O.K., c'est comme tu veux, «Dominique». Ici, on a la «Gay Pride!...», mais si tu tiens à aller te faire massacrer avec ton clebs, j'en ai plus rien à foutre...
Repris par sa tournure d'esprit vicieuse, il ajouta en ricanant:
- Ça fera une part de plus à se partager.
«Strauss Kahn» hocha gravement la tête.
- Je crois que tu es devenu complètement givré, «Bertrand». Que veux-tu qu'on partage? Y a plus rien, ici! Y a plus rien, et bientôt tu vas y...
Il s'interrompit soudainement en observant «Jack Lang» qui regardait fixement à travers une fenêtre, par l'arrière de la salle, dans une curieuse attitude.
- Qu'est-ce qu'il y a, «Jack?...»
«Jack Lang» ne bougea pas d'un poil. Il semblait hypnotisé par la fenêtre, la mâchoire pendante et les yeux horrifiés comme s'il regardait le diable. «Bertrand Delanoë» fit un pas de côté pour découvrir ce qui accaparait l'attention de l'ancien directeur du théâtre de Chaillot (1972-1974), mais il ne vit rien d'autre qu'un morceau de ferraille qui avait atterri dans la boue, une dizaine de mètres au-delà des vitres, et de la fumée stagnant en arrière-plan.
- Enfin, qu'est-ce que t'as, merde?


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Quae commoda sint pornographiae - For Whom The Bell Tolls.

- Je vous dis qu'on devrait se tailler tout de suite d'ici, déclara «Dominique Strauss Kahn» après avoir écouté nerveusement la réplique de «Bertrand Delanoë». Ce dernier prétendait que c'était ici le meilleur endroit où ils pourraient se protéger. «Cambadélis» avait hoché la tête pour donner muettement raison à son patron contre «Bertrand», mais il n'en fit pas plus. La décision ne lui appartenait pas.
Dehors, sous les ordres de «Michel Rocard», cinq «Extravagantes au goût vanille-chocolat» montaient la garde autour du bâtiment. Cinq «Perruques de quatre pieds de haut» bien membrés, bien armés qui se feraient sans doute démolir la boite à «Banania» plutôt que de laisser entrer le danger dans la maison. C'était du moins ce que se disait la «Miss Rose Petal's» pour se rassurer. Il n'était pas un trouillard, il avait trop vécu pour ça, il avait liquidé trop de pauvres cons qui avaient cru en lui et avait été confronté à trop de risques pour ruiner-mouiller son pantalon quand il entendait pétarader des armes autour de lui. Mais, en ce moment, il n'en menait pas tellement large. Toutes les conneries qu'on lui avait racontées sur Dider’ la salope du «DKP» étaient présentes dans sa tête et se mélangeaient avec la réalité présente. D'habitude, c'était lui qui menait le jeu, mais là, en l'occurrence, il était pris au piège et mourait de trouille. Se carapater hors de cet abri lui semblait relever de la plus grande imprudence. Bien sûr, il avait vu de ses yeux s'envoler deux bungalows dans l'atmosphère, des corps disloqués projetés par le souffle monstrueux des explosions. Il avait aussi aperçu des «Extravagantes» qui se faisaient descendre dehors, atteints par des coups de feu qui semblaient venir de partout et de nulle part. Il n'avait aucune idée du nombre de «Talons de sept pouces» sur lesquels il pouvait encore compter pour assurer la défense des lieux. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il y avait beaucoup de macchabées étendus dans la boue, là, dehors, un peu partout. Il ne voulait pas finir comme tous ces «Hermaphrodites», voir son propre sang pisser de son corps avant de s'en aller dans une putain de croisière sans retour. C'était trop con. Il avait rapidement pesé le pour et le contre, estimant que la pourriture de Communiste qui liquidait systématiquement ses «Drags Queens» finirait par se fatiguer et se trisserait sans demander son reste, aussi brusquement qu'il était apparu. Bon sang, il ne pouvait pas continuer comme ça indéfiniment! C'était rien qu'un insurgé «scandinave», pas un sur-homme! Depuis le temps qu'il tiraillait dans tous les coins, il allait bien finir par manquer de munitions et être obligé de dégager le terrain. Pourtant, la bataille de la «Somme» au «Congrès Socialiste du Mans» continuait de faire rage, le front paraissait se déplacer continuellement, d'après ce qu'il entendait… Il en était arrivé à souhaiter que les communistes «joyeux-drilles» de la mère «Marie-George Buffet» surviennent pour les libérer de ce boucher ivre de sang. Et pourquoi pas les poilus, aussi? Il embrasserait les troufions sur la bouche et leur glisserait à chacun un biffeton de cent sacs dans la pogne et un emplacement privilégié sur «Paris-Plage» pour les récompenser de lui avoir sauvé la mise. Après tout, il n'était qu'une victime, merde!


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Quae commoda sint pornographiae - Un coup de main capital à la grosse magouille.

Dans une baraque de chantier installée à l'écart, il découvrit deux «vieilles-gouinasses» à l'intérieur d'une grande pièce comportant toutes sortes d'appareillages techniques. Il s'agissait sans aucun doute du local à partir duquel on contrôlait le réseau de communications hertziennes. Ceux-là n'étaient pas forcément des «violettes-vanilles-fraises». Leurs yeux étaient rivés sur l'effrayante silhouette sombre et maculée de sang qui s'était encadrée dans le chambranle de la porte. Dider’ pointait sur eux l'arme des «pélerins», le regard aussi froid qu'un bloc de banquise.
- Ne... ne tirez pas! dit l'un d'eux d'une voix de chatrer.
- Vous avez une explication? leur demanda-t-il.
- On n'est pas avec... ces gens.
- Mais vous êtes là.
- Heu, oui. Il n'y a personne d'autre ici. Nous ne sommes que des journalistes de «TF1». Nous sommes payés pour ça. Vous comprenez?
Dider’ comprenait que ces salopes, s'ils n'étaient pas de l’aile droite au «Parti Socialiste», avaient accepté le gros paquet de pognon pour venir donner un coup de main capital à la grosse magouille. Mais il était fatigué de tuer. Il se déplaça pour dégager la porte. Le canon du «tromblon-espingole» en forme de trompette décrivit un petit arc de cercle pour leur montrer la sortie. A moitié convaincus, les deux présentateurs du vingt-heures, dont «Patrick Poivre d'Arvor» (né Patrick Poivre), se dirigèrent dans cette direction sans cesser de le fixer, puis détalèrent.
- Prenez par le nord, leur conseilla-t-il avant qu'ils disparaissent complètement.
  • Patrick Poivre d'Arvor (né Patrick Poivre), familièrement surnommé PPDA, est un journaliste et écrivain français (20 septembre 1947). Il est directeur délégué à l’information de TF1 depuis 1989 et journaliste vedette du JT (Journal Télévisé) de 20 heures depuis 1987. Il est également membre du club Le Siècle des membres influents de la classe dirigeante française.

Le nord des installations du congrès Socialiste constituait la zone la moins dangereuse depuis qu'il l'avait en grande partie nettoyée, celle, aussi, où les Dragons «rouges» n'atterriraient plus. Dès qu'il eut quitté le local technique et parcouru une distance suffisante pour éviter les retombées, il commanda l'envoi d'une nouvelle grappe de six-livres, s'en alla ensuite au pas de course vers le bâtiment central où il pensait pouvoir débusquer les gros pourris, espérant très fort que ceux-ci ne s'étaient pas déjà éclipsés. Son havresac était vide. Il le jeta dans la foulée, comptant uniquement sur les quelques magasins et les quatre «presses-purées» accrochés sur sa vareuse. Sa blessure à la jambe ne le faisait plus souffrir. Il en avait décidé ainsi et donnait le maximum de ses possibilités, tirant sur les réserves de son corps pour en finir maintenant au plus vite avec la racaille qui se planquait encore dans ce congrès du diable...


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Quae commoda sint pornographiae - Midnight in the garden of good and «Evil».

Fade to red ...
Les secondes continuaient à filer et Dider’ n'avait plus beaucoup de temps avant que surviennent les renforts. Remontant vers le parking sinistré, il s'inséra entre deux carcasses de «Schneider CA1» éventrées et surveilla l'avance ennemie. Il avait commis une petite erreur dans le timing de déclenchement du «TNT». La première charge sauta alors que le char d'assaut de tête avait déjà dépassé d'une quinzaine de mètres le cordon explosif, ne faisant que le déporter légèrement de sa route. Le second «cuirassé terrestre», en revanche, fut pris de plein fouet dans un éclair aveuglant et décolla du sol pour se coucher d'abord sur le côté, se retournant ensuite sur le toit en écrasant ses passagères. Il ne lui restait que six «presses-purées». Deux lacrymogènes et quatre charges de «Composite B». Il largua deux de ces dernières sur le camion-ridelles rescapé qui arrivait en trombe à moins de cinquante mètres, eut la satisfaction de voir la première exploser contre la calandre alors que la suivante atterrissait sur l'habitacle bâché. Deux autres véhicules venaient de subir un sort analogue et se couchèrent violemment en déversant pêle-mêle leur cargaison de «travestis» dans la boue. Un «Berliet», pourtant, évita la zone dangereuse. Il fermait le convoi et son chauffeur, les fesses serrées, devait être debout sur les freins pour arrêter son bahut qui dérapait dans de brutales embardées. Avant même qu'il soit complètement arrêté, des grappes de «Perruques de quatre pieds de haut» enjambaient les ridelles et sautaient au sol, se précipitant ensuite vers un bungalow proche pour s'y abriter. Sortant le boîtier de télécommande de sa poche de poitrine, Dider’ choisit la bonne touche qu'il enfonça aussitôt, déclenchant la mise à feu d'un nouvel obus de six-livres depuis le «Mark VIII Liberty». Sans attendre le résultat, il arrosa une ligne de «Talons de sept pouces» embusqués de l'autre côté du parking, à une centaine de mètres. Dans le vacarme de la mitraille, il n'entendit pas le sifflement du Dragon «rouge». Celui-ci tomba sur le toit du bâtiment où s'étaient abritées les occupantes du «Berliet», éventrant l'édifice aussi facilement qu'une panse de brebis. Des corps disloqués tournoyèrent dans l'intense lumière accompagnant la déflagration, donnant l'impression qu'ils avaient échappé aux lois de la pesanteur. Mais des projectiles sifflèrent tout près de Dider’, d'autres ricochèrent sur des obstacles en miaulant à l'infini. Il y avait encore quelques nids de résistance. Quelques planques où la vermine du libéral-social «Socialiste» s'était retranchée pour se protéger du déluge de feu et d'acier qui leur tombait du ciel. Pour le «Musketeer», l'affaire était loin d'être gagnée. Ah! s'il pouvait faire abstraction de «cette actrice de bazar à la bouche à sucettes», le combat serait vite terminé dans des gerbes de flammes. Mais les circonstances étant ce qu'elles étaient, il lui fallait trouver les trois grosses crapules qui avaient monté «la grande arnaque» du Mans.


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Quae commoda sint pornographiae - 64


Quae commoda sint pornographiae - La haute silhouette sombre.

Près d'une trentaine de «Perruques de quatre pieds de haut» arrivaient en effet en renfort, faisant dépasser leurs mousquetons par les portières et se préparant à la «Gay Pride». A travers sa longue vue, Dider’ observa leur convoi qui débouchait des bois, roulant à vive allure. Il se tenait depuis quelques secondes derrière un pan de mur aux trois quarts démoli par un obus de six-livres, faisant une courte pause pour reprendre son souffle. Il n'avait plus beaucoup de temps devant lui pour parer au danger. Graduellement, les vapeurs de fumigènes se répandaient dans la zone qu'il occupait. D'un bond il se détacha des ruines encore fumantes, courut suivant une trajectoire coupant en biais celle que devaient emprunter les taxis en approche, s'arrêtant brièvement pour déposer de place en place des charges de «TNT» avec un retard de cinq en cinq secondes. Il les avait paramétrées pour que la première saute dans un délai de trente secondes, un temps qu'il espérait suffisant. Au terme de sa rapide progression, il émergea d'un nuage de fumée et aperçut un «Talon de sept pouces» isolé qui avançait prudemment, armé d'une couleuvrine à main et jetant des regards attentifs autour de lui à chaque pas. La fiotte fit un bond en voyant la haute silhouette sombre sortant de la fumée et tira un coup de feu beaucoup trop hâtif. La billes de plomb passa largement à droite du «Musketeer» qui avait déjà appuyé sur la détente du «Tromblon-espingole». Un énorme aboiement accompagna le départ du «cailloux» qui pulvérisa la tête de la «Miss Rose Petal's» maladroite.
  • Pierre Moscovici est un homme politique français né le 16 septembre 1957 à Paris, membre du Parti socialiste. Pierre Moscovici est le fils du psychologue social Serge Moscovici et de la psychanalyste Marie Bromberg-Moscovici. Il est titulaire d’un DEA de Sciences économiques, d’un DEA de philosophie, et ancien élève de l’ENA (promotion « Louise Michel ») où il fut l’élève de Dominique Strauss-Kahn. Il était d'ailleurs président de l'association À gauche en Europe fondée par ce dernier et Michel Rocard. Il quitte la LCR d’Alain Krivine en 1984 pour le PS. En 1986, il est secrétaire du « groupe des experts » constitué par Claude Allègre. Il devient en 1989 chargé de mission au cabinet de Lionel Jospin à l’Éducation nationale, Claude Allègre étant conseiller spécial du même cabinet. En 1990, il entre au Commissariat général au plan et devient bientôt chargé de mission auprès du commissaire, Jean-Baptiste de Foucauld (président du club « Échanges et Projets »). En 1991, il publie avec François Hollande (secrétaire général des clubs « Témoins ») L’Heure des choix, un réquisitoire contre la politique économique de Pierre Bérégovoy. Député européen (1994 - 1997. Il s’est prononcé pour un bilan critique du mitterrandisme. Il avait d'ailleurs été le premier socialiste à réagir lors de la parution du livre de Pierre Péan, sur la jeunesse de François Mitterrand et avait déclaré, à propos des relations de l'ancien président avec René Bousquet: « Ce qui me choque c’est qu’il ait pu frayer avec quelqu’un qui a été un outil de l’antisémitisme d’Etat et un complice de la solution finale du Reich. On ne peut pas tolérer d’être tolérant envers le mal et, pour moi, René Bousquet c’était le mal absolu ».

La valse macabre se poursuivait. Une odeur entêtante de poudre brûlée imprégnait les lieux, se mélangeant à la fumée, et l'on entendait des clameurs venues d'un peu partout, des appels, des gémissements et des cris de rage. Et, pourtant, ce n'était que le début du déluge de feu.


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Quae commoda sint pornographiae - Master of Puppets.

Un mouvement rapide intervenait parmi les «Drags Queens du Parti Socialiste» éparpillées à la lisière des bois de «Chaoué». Certaines se dirigeaient à la hâte vers, ce que tout le monde connaissait comme un fait de bravoure et d'initiative du génie français, les «Renault AG - Taxis du Mans», qui les avaient conduites sur place, d'autres se regroupaient pour échanger fébrilement des palabres. Quelques-unes de ces «Perruques de quatre pieds de haut» semblaient s'opposer à la décision de l’une de leurs meneuses, traitres à la «Ligue Communiste Révolutionnaire».
- Je crois qu'il y a pas d'illusions à se faire, Pierrot. Ce sont les frisés!
- Dis pas n'importe quoi! Tu as déjà vu les frisés débouler comme ça, sans faire de sommations?
- C'est ce qu'ils ont pourtant fait à plusieurs centaines de kilomètres d'ici, dans «la Somme», quand il y a eu cette histoire de guerre avec je sais plus combien de morts...
- C'est vrai, intervint une autre «Robe moulante» avec véhémence. J'en ai entendu parler. Il paraît qu'ils ont carrément bombardé ces types sans leur laisser la moindre chance. Bon sang, regarde là-bas ce que je vois, Pierrot! On dirait l'enfer de «Verdun».
- Vous avez les foies, ou quoi?
- Ouais, j'ai les foies. Je crois qu'on a toutes les foies et je pense qu'on n'est pas payées pour se faire massacrer. Il y eut un raidissement dans le groupe. «Pierre Moscovici» eut un mauvais sourire.
- Vous êtes sûrs de ce que vous voulez faire?
- Ouais. Retourne là-bas si tu veux, nous on se casse.
Haussant les épaules, il pivota comme pour se diriger vers le gros «blockhaus» mobile qui les attendait un peu plus loin, puis il se retourna d'un coup et fit cracher son fusil-mitrailleur «M29» en deux brèves rafales. Les deux récalcitrantes s'effondrèrent sans un cri, laissant les autres pantois, les yeux remplis d'incompréhension.
- Qu'est-ce que vous décidez? leur demanda-t-il avec férocité.
- Fais pas la conne, «Pierrot», s'empressa de répondre une crevette grise au visage peinturluré de rouge à lèvres. Tu sais bien qu'on est avec toi.
- Alors, amenez-vous! Je rectifie la première qui essaie de se trisser.
Remplis de «Talons de sept pouces», les autres automitrailleuses étaient déjà en train de rouler sur la piste boueuse qui s'enfonçait dans les sous-bois. Il y avait un détour à faire pour rejoindre la périphérie du congrès et il fallait compter deux ou trois minutes pour y parvenir.Le traitre au «LCR», «Pierre Moscovici», lança dans son émetteur:
- Tenez bon, m'sieur le «Maire», on arrive!...


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Quae commoda sint pornographiae - 62


Quae commoda sint pornographiae - Le «fils de pute» était aussi bien armée qu'un détachement de troufions.

De la fumée commençait à se répandre en plusieurs points entre les installations, poussée par une brise qui avait tendance à s'amplifier. Cette saloperie arrivait maintenant dans leur direction et bientôt ils n'y verraient plus grand-chose. La porte s'ouvrit à la volée, repoussée par un grand type que «Bertrand Delanoë» braqua nerveusement avec son pistolet, prêt à lui lâcher le potage dans la caisse. Il se retint de justesse en voyant qu'il s'agissait du «Neuilléen» et l'apostropha:
- Qu'est-ce qui te prend d'arriver comme ça, «Kosta?...» T'aurais pu te faire flinguer. Le grand «Traitre au Parti Communiste» le regarda avec un regard de mépris.
- Moi, j'ai vu des tas de mecs se faire enculer en quelques secondes, «m'sieur Bertrand». Ça pète dans tous les coins!
Le député du 19e arrondissement de Paris serrait dans son poing la crosse d'un Ruger «Super Redhawk». Regardant l'arme, il jeta d'un ton dégoûté:
- Je sais pas si c'est avec ça qu'on pourra arrêter tous ces gauchistes.
- De quels gauches parles-tu?...
- De ceux qui ont débarqué de ce drôle d’engin.
- Tu les as vus? questionna nerveusement «Jack Lang».
- J'ai vu seulement la «bizarrerie» qui repartait. Il n'y avait plus que le pilote à bord. Je lui ai tiré quelques olives, mais il était déjà trop loin. Pourquoi vous me mettez en doute?
- «Bertrand» croit qu'il n'y avait qu'un seul mec dans cet appareil, dit encore «Lang».
- Quoi?... Dider'?...
- J' crois pas qu'il y ait d'erreur. Tu devrais aller donner un coup de main à l'extérieur, «Kosta ».
- Pas question! répliqua «Jean-Christophe Cambadélis». Mon boulot, c'est de rester à côté de m'sieur «Strauss Kahn».
«Bertrand Delanoë» n'insista pas. Il remâchait sa fureur et la trouille qui le tenaillait depuis le début de l'ahurissant chambardement qui s'était installé dans les lieux. La grande affaire juteuse était complètement foutue, mais, surtout, ils allaient tous y laisser leur peau. Ce Franco-Danois ne faisait jamais de cadeau! Plusieurs déflagrations en série martelèrent l'atmosphère, suivies de coups de feu tirés de partout à la fois, lui semblait-il. Combien de temps ces abrutis allaient-ils mettre pour revenir des bois et leur prêter main-forte? Il ne restait même pas une trentaine de «Drag Queens» dans le Congrès pour empêcher Dider’ la salope «rouge» de semer sa merde! On disait que le «fils de pute» était aussi bien armée qu'un détachement de troufions et qu'il disposait aussi d'un système spécial pour envoyer des obus de six-livres à distance. Des roquettes ou des ogives. Ouais, on parlait de ça à Bruxelles et ailleurs, on racontait des tas de conneries auxquelles «Delanoë» n'avait jamais vraiment cru, parce que ça lui paraissait trop gros, trop invraisemblable. Il n'avait plus l'âge de croire aux contes de fées ni aux films d'horreur. Il avait toujours pensé que ce scandinave à la con bossait avec une équipe ou qu'il était aidé par des militants, partisans au communisme et altermondialistes, mais on lui avait assuré qu'il ne s'agissait pas de ça, que Dider’ n'avait besoin de personne pour foutre le bordel parmi les conservateurs et tuer les pauvres gars à la pelle. Il était plus mauvais et dangereux que les bêtes féroces dans la jungle, survenant quand on ne s'y attendait pas, aussi rapidement que la foudre et provoquant infiniment plus de dégâts. A présent, ces histoires lui paraissaient toujours aussi invraisemblables, mais il était bien obligé d'y croire. L'incroyable lui tombait sur la gueule...


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Quae commoda sint pornographiae - 61


Quae commoda sint pornographiae - The Gay Deceiver.

«Jack Lang» dardait un regard atterré par la fenêtre aux vitres brisées. Il ne savait pas s'il fallait s'enfuir en courant, se coucher sous une table ou, tout simplement, se laisser aller à déféquer et pisser dans son froc...
- Putain!... Qu'est-ce que c'est que...
«Dominique Strauss Kahn », lui, restait muet de saisissement et d'horreur, tandis que «Bertrand Delanoë» poussait un cri de folle en se précipitant vers la porte. Personne parmi eux n'avait assisté à l'explosion qui s'était produite à une extrémité du parking, cette zone étant masquée à leur vue. Mais ils avaient entendu la colossale déflagration qui avait secoué le bâtiment aussi fort qu'un tremblement de terre.
Sur le parvis du bungalow, «Delanoë» pouvait à présent contempler les dégâts. Il était sorti juste à temps pour voir retomber des monceaux de ferraille et s'étendre un gigantesque nuage de fumée qui continuait de se développer autour des emplacements ayant supporté les hélicoptères.
- Merde, merde, merde! gémit-il.
Comment une telle chose avait-elle pu se produire?
Un court moment plus tard, alors qu'il cherchait toujours à comprendre, il crut entendre un bruit d'hélicoptère mais ne vit rien malgré les quelques pas en avant qu'il venait d'accomplir. Ce n'était vraiment pas le moment de voir débarquer les VIPs du libéralismes! Puis son visage se contracta douloureusement lorsqu'il perçut le crépitement d'une arme automatique ainsi que des déflagrations qui se faisaient entendre, comme un martèlement méthodique et régulier. Alors, il n'eut plus aucun doute sur ce qui se produisait et sa gorge se dessécha.
- Le Communiste!... L'ordure! cracha-t-il dans un souffle rauque.
Comment Dider’ avait-il fait pour survivre après que ses copines eurent criblé de balles et de grenades le piège à cons dans lequel il s'était fourvoyé? D'un bond rageur, il rentra dans le bungalow, heurtant «Lang» qui essayait d'en sortir pour regarder lui aussi ce qui 'se passait.
- Qu'est-ce que c'est que cette merde, Bertrand?... Bon Dieu!... Tu peux me dire ce qui se passe?...
- T'entends pas? lui renvoya le «Maire du tout Paris», méchamment. Cette pourriture de mec est en train de nous éclater le cul!
- Qui? Tu veux dire... Did'.. Dider’?
«Strauss Kahn» regardait «Delanoë» avec des yeux exorbités.
- Mais, tu as bien dit qu'il était mort, ce cafard!...
- Vas le lui dire en face, abruti!...
D'un geste brutal, «Bertrand Delanoë» saisit son émetteur-récepteur et hurla dans l'appareil:
- Appel à toute la «Gay-Pride!...» Répondez, putain de merde!
- Rose 3! répondit un type à la voix coincée. Qui parle?
- Ici le «Maire du tout Paris!...» Ramenez-vous, nom de Dieu! Vous avez le «trou-de-balle» bouchée?
- On entend des coups de pétard et des explosions. Qu'est-ce que ça veut dire?
- Connasse! Tu t'imagines qu'on est en train de s'amuser? Rappliquez toutes en vitesse, j'vous veux sur place dans moins de trente secondes.
- On arrive, «m'sieur Bertrand». Vous en faites pas...
«Delanoë» coupa l'émission. La pétasse!... «Vous en faites pas...» Comme s'il n'y avait pas lieu de s'en faire, bordel de merde!


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Quae commoda sint pornographiae - Part 60


Quae commoda sint pornographiae - Il palpa la plaie pour vérifier les dégâts.

Mais maintenant les pourris allaient se reprendre. Quelques grenades fumigènes partirent alors dans diverses directions, tirées par le fusil du «Colonel Nicolas Lebel». Le «Musketeer» voulait se ménager un passage jusqu'à un bâtiment plus important que les autres, où il pensait trouver les responsables de la combine qui s'y étaient probablement réfugiés. Un peu avant de s'éjecter du «Sikorsky VS-300», il avait aperçu une demi-douzaine de «Perruques de quatre pieds de haut» répartis devant le grand bungalow comme s'ils avaient été placés là pour en protéger les occupants. Peu après l'explosion du premier obus, il en avait vu quelques-unes rentrer précipitamment à l'intérieur, tandis que les autres s'éparpillaient en braquant leurs armes devant eux. Il ne pouvait attaquer le bâtiment de front, sous peine de devoir essuyer un feu trop important de la part des défenseurs, aussi s'était-il résolu à créer un maximum de diversion en s'en prenant d'abord à des objectifs secondaires. Il espérait aussi réussir à tirer d'affaire une personne pour laquelle il n'avait pas beaucoup d'estime mais qu'il ne pouvait moralement pas laisser se faire tuer sous les prochaines salves de ses obus de six livres. «Ségolène Royal» aurait peut-être aussi des choses intéressantes à raconter aux hommes du «Lecteur, numéro Un», notamment au sujet de l’origine de l'appellation du fromage de chèvre «chabichou» ou pour le label des «vaches parthenaises et maraîchines…» Après avoir noyé une partie du camp dans des nuages de fumigène, il courut en louvoyant vers la petite centrale électrique qu'il apercevait à moins de trente mètres. Il bénéficiait du fait que la plupart des «Drags Queens» avaient été envoyés pour ratisser les bords du plan d’eau et une partie des bois de «Chaoué», et ne rencontrait encore que peu d'opposition, mais ce répit serait de courte durée. Courant toujours, le «M1941 Johnson Light Machine Gun» aboyant par courtes rafales, il aligna un «Talon de sept pouces» isolé qui venait de tirer une décharge de chevrotines dans sa direction, sans résultat, lui découpa la poitrine en pointillés à l'aide des quelques balles qui restaient dans son magasin. Laissant retomber le fusil-mitrailleur sur sa poitrine, il dégaina le monstrueux «Espingole-Tromblon» et lâcha un projectile de «plomb» dans la serrure qui céda en s'arrachant de la porte.Yeah! C'était bien d'une installation électrique qu'il s'agissait. Au centre de la pièce unique, un volumineux groupe électrogène ronronnait gravement dans une odeur d'ozone entêtante. Des cadrans de contrôle s'alignaient sur un pan de mur ainsi que des manettes, un pupitre de commande électronique et des boîtiers de connexion d'où partaient des câbles. II plaça dans les lieux deux charges de «Composite B - 1/2 lb. TNT» dont il régla les détonateurs à retard sur vingt secondes, et ressortit à l'instant où un feu nourri se déclencha.
Des projectiles claquaient contre le mur du bâtiment, encadrant la sortie, arrachant de gros éclats qui crépitaient tout autour de lui. Par réflexe, il se laissa tomber à terre mais il ressentit un choc dans sa cuisse et grimaça sous la douleur. Une grenade était engagée dans le dispositif de lancement du «Lebel». Au jugé, il la fit partir en direction du tireur au «Talon de sept pouces» et sur la «Perruque de quatre pieds de haut», vit un court instant celui-ci se dresser sur le toit d'un char d'assaut «Saint-Chamond», voulant sans doute arroser plus commodément sa cible. L'engin explosif à charge creuse péta contre l'avant du véhicule, le prit dans son onde de choc et l'envoya valdinguer en l'air comme une marionnette. Dider’ eut conscience qu'il ne lui restait plus que six ou sept secondes avant l'explosion du «Composite B». Il se releva d'un bond pour prendre de la distance, serrant les dents sous la cuisante brûlure qu'il ressentait à la jambe. La déflagration se produisit alors qu'il n'était encore qu'à une quinzaine de mètres du bâtiment. Un souffle fantastique le poussa dans le dos et le projeta à terre, tandis qu'un bourdonnement lui emplissait la tête. Il ne perdit pourtant pas connaissance, il était juste sonné et plusieurs secondes s'écoulèrent avant qu'il retrouve toute sa clarté d'esprit. Dans l'épaisse fumée noire et les cendres qui voletaient autour de lui, il tâta sa cuisse. Son pantalon de «Zouave» était déchiré et il palpa la plaie pour vérifier les dégâts. Du sang tout chaud coulait mais, a priori, ce n'était pas trop grave. Prélevant une compresse dans une petite trousse de secours, il la fixa sur la blessure à l'aide d'un garrot. C'était tout ce qu'il pouvait faire pour l'instant.
Il se mit à genoux puis se redressa. La douleur semblait se calmer relativement. Il s'efforça de l'oublier complètement et repartit dans la fumée qui inondait le Congrès du «Parti Socialiste».

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Quae commoda sint pornographiae - Part 59


Quae commoda sint pornographiae - La bouche tordue dans un vilain rictus.

Devant eux et un peu sur la gauche, une grosse boule de feu se développa soudain, enveloppant les deux «Écureuils AS350» posés sur le parking, les démantelant en quelques fractions de secondes. Des morceaux de métal partirent en tous sens, criblant une automitrailleuse «De Dion Bouton» et plusieurs autres de modèle «White» stationnés dans une relative proximité.
- Nom de Dieu! s'exclama «Albrecht».
- Joli calcul de visée à distance, non?...
- Tu parles! tu ne me donnes pas souvent l'occasion d'assister à un aussi beau feu d'artifice!...
Il n'avait encore jamais vu d'aussi près l'explosion d'un obus de six-livres que le «Musketeer» utilisait parfois pour appuyer ses «Blitzkrieg». Le vacarme de la déflagration leur parvint avec un temps de retard, puis le «Sikorsky VS-300» se dandina durant quelques secondes, secoué par l'onde de choc. D'une main sûre, l'as des as de la «Grande Guerre» rétablit l'équilibre et maintint l'appareil jusqu'à ce que Dider’ lui désigne un espace dégagé entre deux bâtiments. Son «havresac modèle 1893» était déjà attaché à ses épaules. Il avait posé le puissant «M1941 Johnson Light Machine Gun» sur ses cuisses et fixé depuis longtemps tout son équipement.
Réduisant subitement le pas collectif, le «Baron Rouge» cabra le «VS-300», juste ce qu'il fallait pour l'immobiliser au-dessus du terrain. Dider’ lui jeta un regard glacé.
- Yeah! cria-t-il en s'éjectant.
- Yeah! Tu parles... Fais gaffe à tes os.
Dider’ S.S! marmonna «Albrecht» en faisant redécoller immédiatement son gros ventilateur.
Le Viking «rouge» solitaire courait déjà vers le bungalow le plus proche, le «M1941» en batterie et crachant sa hargne sur plusieurs «Perruques de quatre pieds de haut» qui venaient d'apparaître, armes aux poings. Il les cisailla sans ralentir, leur expédiant une giclée crépitante de calibre 30, largua coup sur coup deux «presses-purées» sur sa droite et deux autres sur sa gauche pour protéger son avance, et s'introduisit d'un bond dans l'entrée du bâtiment d'où les «Talons de sept pouces» venaient de sortir. Il ne rencontra qu'un seul défenseur, une «Robe moulante» qui déboucha d'une pièce, la bouche tordue dans un vilain rictus, et qui tenta de l'aligner avec un «Mousqueton d'artillerie GRAS M80 - Modèle 1874». Plusieurs impacts sanglants se dessinèrent instantanément sur sa poitrine et il grimaça un peu plus avant de s'affaler. L'ensemble des pièces étaient désertes. Elles devaient servir de dortoir aux «Drags Queens» de la «Mairie de Paris». Ressortant par une porte secondaire sur l'arrière du bungalow, Dider’ prit pour cible un groupe de «Drags Kings» qui refluaient en débandade, ne comprenant pas encore d'où venait le danger. Il les obligea à se terrer avant de bifurquer brusquement vers le bâtiment abritant la petite centrale électrique. Puis il commanda presque simultanément le départ de deux autres Dragons «rouges» qui déboulèrent venant du «Nuffield-Liberty» dans un hurlement démentiel et explosèrent sur l'autre extrémité du parking, transformant plusieurs automitrailleuses à chenilles «Renault-Delauney-Belleville FT-17 à canon de 37mm» en d'informes tas de ferraille.


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Quae commoda sint pornographiae - Part 58


Quae commoda sint pornographiae - le Congrès des partisans-miliciens au «socialisme libéral».

De nouveau, il avait fallu effectuer un arc de cercle important pour donner l'impression que l'«Aero Engineering Corp» arrivait en droite ligne de la «rue Solferino». Ils n'étaient plus qu'à deux ou trois kilomètres du point d'atterrissage virtuel lorsqu'un nouvel appel se fit entendre sur la fréquence d'auto-information:
- Appareil en approche, vous me recevez?
- Maintenant, ça passe mieux, répondit le «Musketeer» dans le micro de son casque d'écoute. Où dois-je me poser?
- Vous venez d'où?
- D'où voulez-vous que je vienne? Je vous ai demandé où je dois me poser.
- J'ai besoin de connaître votre indicatif, répondez.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire?
- Ce sont les consignes. Je vous écoute.
- J'ai d'importants VIPs à mon bord. On m'a bien précisé de ne répondre à aucune question. Demandez plutôt à «Bertrand» ou «Jack», ils vous le confirmeront.
- Bon, restez sur la fréquence.
Quelques instants plus tard, alors que l'«Igor Ivanovitch Sikorsky» n'était plus qu'à environ un kilomètre de son but, la voix de l'opérateur se fit de nouveau entendre:
- Je viens d'avoir une réponse. Interdiction de vous poser sans avoir fourni votre code d'identification.
- Qui a dit ça?
- Stoppez la descente immédiatement et placez-vous en attente!
- D'accord! cracha Dider’. Mais ça te coûtera cher, connard.
Le bluff ne marchait pas à tous les coups...
Relâchant le bouton d'émission, il jeta un coup d'œil sur son équipement pour le vérifier.
- T'es quand même gonflé! fit le «Baron Von Richthofen» à travers l'intercom. Tu penses pas qu'ils pourraient nous allumer avec leurs fusils «Chassepot?...»
- Ce serait surprenant. Ils ignorent qui est réellement à bord.
- Quand ils pigeront qu'il ne s'agit pas de leurs VIPs...
Dider’ espérait simplement que les «Bleuettes-Vanilles-Fraisess» ne s'en apercevraient pas trop tôt.
- Fais ce qu'ils demandent, «Manfred», stoppe l'approche mais continue de descendre.
- Voilà! répliqua «Albrecht» en actionnant ses commandes.
L'appareil donna un instant l'impression de faire du surplace puis entama une dégringolade en spirale jusqu'à une vingtaine de mètres du sol.
- Qu'est-ce que vous foutez? demanda aussitôt le type dans la radio.
- Il y a un problème, renvoya le «Musketeer».
- Quel genre de problème?
- Un gros. Attendez un instant et vous allez comprendre.
Le petit boîtier de la télécommande était déjà dans sa main. Il en déverrouilla la sécurité et appuya résolument sur une touche, recommandant à «Albrecht»:
- Fonce à l'ouest, «Manfred». Le plus bas que tu peux.
Le «Vought and Sikorsky 300» perdit encore de la hauteur. Son avant s'inclina et il partit à toute vitesse à ras du sol, frôlant les herbes de la clairière, faisant parfois de petits sauts pour éviter des talus et redescendant dans des déclivités de terrain. Meilleur pilote que l'ami «Manfred», ça n'existe pas, songea Dider’ S.S... Juste à cet instant, quelque chose passa rapidement sur la gauche de l'appareil qu'il doubla en un éclair avant de filer, un petit panache de condensation accroché à son sillage. Ils entendirent ensuite une stridulation aiguë et perdirent de vue l’obus qui n'en continua pas moins sa mortelle trajectoire vers le Congrès des partisans-miliciens au «socialisme libéral».


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Quae commoda sint pornographiae - Part 57


Quae commoda sint pornographiae - Rêve de valse...

Le «Baron Rouge» laissait descendre le «Sikorsky», qui s'était sauvé de la révolution bolchévique, sur une pente assez forte, tout en maintenant une vitesse stable et visant soigneusement un emplacement marqué d'une croix.
- Je continue? demanda-t-il.
- Tout droit, lui communiqua Dider’. Présente-toi tranquillement.

Un quart d'heure plus tôt, l'as des as de la «Grande Guerre» avait ramassé le «Musketeer» ainsi que «Clémentine Autain» dans la clairière, à l'est des bois de «Chaoué». Il s'était pointé en rase-mottes et était reparti de la même façon, réalisant un large détour pour contourner la position mafieuse.
Quelques minutes plus tard, Dider’ avait laissé l' adjointe au «Maire du tout Paris» à l'intérieur du «Mark VIII Liberty», après avoir fermement insisté pour qu'elle y reste. Comme prétexte, il lui avait demandé de surveiller les opérations et de rester en écoute radio. Le «Power Book G4, 17-inch» était toujours programmé pour un tir déclenchable à distance, les cibles pré-établies.

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Quae commoda sint pornographiae - Part 56


Quae commoda sint pornographiae - Alligator hunting on lake Chaoué... Le Mans girls set for a night out. Bertrand, Dominique, Jack, Jean Christophe and Michel...

«Jack Lang» tournait nerveusement dans la pièce en écoutant le compte rendu d'un certain «Michel Rocard», député au Parlement Européen, membre du groupe Parlementaire du «Parti Socialiste» qui avait servi comme premier Ministre, viscéralement anti-communiste. «Bertrand Delanoë » et «Dominique Strauss Kahn» étaient également présents, mais ils étaient immobiles, chacun dans son coin, une tasse de café «Grand-Mère» à la main et feignant une attitude décontractée.
- J'espère que ça s'est bien passé comme ça, dit «Delanoë» lorsque «Rocard» eut terminé son exposé.
Il y avait aussi l'immense «Cambadélis», appuyé contre la porte, ses yeux fixés sur la scène comme s'il n'entendait rien.
- Je vous assure que tout le nécessaire a été fait, «m'sieur Bertrand». Personne n'aurait pu passer à travers une telle mitraille.
- Est-ce qu'au moins tu as pu voir le mec?...
- Ouais. Pas longtemps, mais je l'ai aperçu quand il a rejoint cette petite salope. Il cavalait comme un dingue, avec un gros havresac sur le dos. Ça a duré six ou huit secondes avant que j' le voie sauter dans un trou.
- Dans un trou?...
- Je veux dire, du haut de cette espèce de tranchée au-dessus de la crique.
- Comment était-il? Décris-le-moi.
- C'était un grand costaud, presque aussi grand que «Kosta». Il avait une espèce de pantalon de «golf» de style «baggy», un peu comme un habit de «Zouave».
- Et sa gueule, quelle tête avait-il?
- Ça j'en sais trop rien, j'ai pas eu assez de temps, ça s'est passé trop vite.
«Lang» intervint:
- Tu as dit une tenue de «Zouave»... De quelle couleur?
- Je crois qu'elle était rouge et noir, vachement rouge, en tout cas. Il avait des armes et des munitions accrochées partout, à son ceinturon, à ses épaules, il cavalait à toute vitesse et je me suis demandé comment il pouvait aller aussi vite avec une pareille charge, je...
«Michel Rocard» s'interrompit subitement et resta la bouche ouverte, comme si une tardive révélation s'imposait à son esprit. Un silence se fit, tandis que les chefs se jetaient des regards éloquents. «Jack Lang» avait cessé de tourner en rond. Rompant le silence, il laissa tomber:
- Ça paraît pas très bon, hein, «Bertrand!...»
«Delanoë» haussa les épaules.
- Ce ne serait pas très bon si on l'avait vu réapparaître.
- Aux dernières nouvelles, le «Black-Manor» était loin de France, fit «Strauss Kahn» d'une voix mal assurée. Il foutait le bordel avec «Jørgen Petersen et le DKP-ML» au Québec, non?
- Et alors? ricana «Bertrand Delanoë». Tu devrais savoir que cette salope se déplace vite. C'est même sa grande force. Il est toujours là où on ne l'attend pas. Et je dois reconnaître qu'il y réussit très bien, je ne l'attendais pas du tout dans ce coin paumé!...
«Jack Lang» alluma un joint de cannabis pour calmer sa nervosité.
- Bon, fit-il. Admettons que ce soit bien cette Salope «rouge» qu'on a vu dans le coin. Qu'est-ce que ça peut foutre maintenant qu'il s'est fait éradiquer?... C'est bien ce que tu as dit, hein, «Michel?...»
- J'ai seulement dit qu'il n'y avait plus personne là-bas après qu'on a ratissé le coin.
«Kosta» et moi, on n'a fait que suivre les ordres.
- Il ne nous manquait plus que ça! soupira «Strauss Kahn». Après qu'on s'est fait espionner par cette garce, on s'est...
- Oh, ça va! trancha «Bertrand Delanoë». Ça ne sert à rien d'en faire toute une tartine de pain beurrée. Personne ne peut être certain qu'il s'agit bien du «Musketeer» et, même si c'est le cas, il est sans doute déjà en train de se faire bouffer menu par les acides merdiques déversés dans le plan d’eau.
- C'est ce qu'il faut souhaiter. L'ennui, c'est que personne n'a vu son tas de merde. Quelqu'un a-t-il déjà entendu dire que la merde «rouge» ne remonte pas à la surface de l'eau?...
- Ça suffit! gronda sourdement «Delanoë». Vous allez me faire gerber. «Michel», je te charge de coordonner les recherches autour du plan d’eau et dans le bois. Même s'il faut passer dix kilomètres carrés au râteau, je veux des résultats. Fais attention que tous ces gars fassent ça en silence, je veux pas les entendre, compris?...
- J'ai bien compris, «monsieur Bertrand». Je m'occupe de ça.
- Qu'est-ce que tu attends? Reste pas planté là comme un gland.
«Michel Rocard» acquiesça vivement de la tête avant de tourner les talons. Une fois qu'il eut quitté les lieux, les chefs de la combine se regardèrent en silence, puis «Dominique Strauss Kahn» dit d'une voix empreinte d'inquiétude:
- L'hélico devrait plus tarder, maintenant. Comme pour lui donner raison, le «TRPP13» annonça:
- On a un appareil en approche!
«Delanoë» se rua sur l’émetteur-récepteur.
- A combien?...
- D'après le radar, six kilomètres.
- Est-ce qu'il y a eu un contact radio?
- Négatif. On l'a appelé, mais il ne répond pas. Euh, attendez... Ouais, ça y est, on accroche sa fréquence... Merde, c'est complètement haché, ça doit être dû au mauvais temps.
- A seulement six kilomètres?...
- Ça arrive parfois. Il y a de grosses formations orageuses à proximité.
- Continuez de l'appeler!...
Se tournant ensuite vers «Cambadélis», il ordonna :
- Rameute quelques «Suceuses» et fonce au parking pour accueillir ces visiteurs. «Kosta». Assure-toi que tout se passe bien...
- Tu pourrais me demander mon avis! grinça «Dominique Strauss Kahn».
- Ouais, c'est ça! Est-ce que je peux envoyer ton garde du corps pour surveiller la manœuvre, «Dominique?...» Bon sang!... La plupart de nos partisans-miliciens sont dans les bois de «Chaoué», y a presque plus personne ici.
«Strauss Kahn» haussa les épaules et soupira hargneusement.
- Vas-y, «Kosta», fais ce qu'il te demande.
  • Jean-Christophe Cambadélis a milité de 1971 à 1986 au sein du parti trotskyste Organisation communiste internationaliste (OCI) (puis Parti communiste internationaliste (PCI)) sous le blaze de Kostas. Il est rapidement apparu comme le principal animateur du travail de cette organisation en direction de la jeunesse étudiante. Fondateur et dirigeant de l'UNEF-ID en 1980, il quitte en 1986 le PCI avec près de 450 autres militants pour rejoindre le Parti Socialiste. Ce départ de Cambadélis ruine l'activité du PCI en direction de la jeunesse étudiante. Devenu député de Paris en 1988, il fonde en 1990, le Manifeste contre le front national. A partir de 1994, il organise les Assises de la transformation sociale, de grands forums où la gauche politique, associative ou syndicale se parle. Ces rencontres se font avec la collaboration de Gilbert Wassermann, Yves Cochet ou Patrick Braouezec. C'est le prélude à ce qui va devenir la gauche plurielle.
    Un des plus proches collaborateurs de Lionel Jospin, Jean-Christophe Cambadélis est aujourd'hui l'un des principaux dirigeants du PS et lieutenant de Dominique Strauss-Kahn. Il anime aussi le courant « Socialisme et démocratie ». Il est élu député le 16 juin 2002, pour la XIIe législature (2002-2007), dans la 20e circonscription de Paris (19e arrondissement). Jean-Christophe Cambadélis a soutenu la motion 1 du premier secrétaire François Hollande, présentée lors du congrès du Mans en 2005. Il est, depuis novembre 2005, secrétaire national du Parti socialiste chargé des acteurs sociaux et de l'Université d'été du PS.
    D'après la liste arrétée au 11 novembre 2003, il est membre du Comité d'orientation scientifique de l'association fondée par Michel Rocard et Dominique Strauss-Kahn, À gauche en Europe.
    Il a été investi pour représenter le Parti Socialiste pour les prochaines élections législatives de juin 2007 dans la 20ème circonscription de Paris.
Le bruit de l'hélicoptère était maintenant perceptible. Tandis que l'immense traitre au «Parti Communiste» sortait de la pièce, «Jack Lang» s'approcha d'une fenêtre pour tenter d'apercevoir les arrivants. La pluie avait cessé de tomber depuis plus d'une demi-heure et la visibilité était redevenue presque normale, mais il ne distingua rien dans le ciel, bien que le bruit des pales et du moteur fût de plus en plus fort.
- Ce connard de pilote ne voit même pas le parking!... fulmina-t-il.
«Bertrand Delanoë» s'approcha et scruta à son tour le ciel à travers la fenêtre. Il ne voyait rien, lui non plus. Mais tous entendirent le fracas retentissant qui fit trembler les murs et brisa presque toutes les vitres de la pièce.


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Quae commoda sint pornographiae - Part 55


Quae commoda sint pornographiae - A l'extrémité Est du bois de «Chaoué».

Dider' était au courant. «Clémentine Autain» était une journaliste-auteur avec un «DEA» d'histoire sur le mouvement social des femmes. Elle avait pourtant choisi d'être tête de liste de la «Gauche Plurielle» dans le «17ème arrondissement» lors des élections municipales de mars 2001.
- J'ai réussi à me faire élire adjointe au «Maire du tout Paris» chargée de la jeunesse, enchaîna-t-elle. Mon physique de vamp a dû y être pour quelque chose... Je surveillais en douce ces gros magouilleurs depuis plus de quatre ans, il était question d'un énorme arrivage de «Gays-sexistes» à l’Hôtel de ville et j'ai sauté sur l'occasion. Mais j'étais loin de me douter de leurs vraies préoccupations. L’égalité des sexes n'était qu'une affaire secondaire dont s'occupait un de leurs associés.
- Comment «Safia OTOKORE» s'est-elle greffée sur l'opération?
- Assez simplement en apparence. Voilà une semaine, mon chef de service à la revue «Regards» m'a fait savoir discrètement que le journal «Amina» voulait faire entrer quelqu'un dans le circuit. J'ai dit que j'avais besoin d'aide pour terminer le travail qu'on attendait de moi, que je connaissais une personne calée dans ce domaine. Ça n'a pas été bien difficile, le programme avait pris du retard et «François» m'avait dit qu'il fallait que tout soit bouclé en quelques jours.
- «François Hollande?...»
- Oui. Tu en as entendu parler?
- C'est un de leurs associés au «10 de la rue Solferino».
- C'était un de leurs associés, corrigea t-elle. Ils l'ont égorgé moins d'une demi-heure avant que je prenne la tangente. Je les ai entendus plaisanter à ce sujet. Et ce n'est pas tout, ils ont également liquidé une demi-douzaine d'autres types du même bord que lui. Je crois que ça s'est passé pendant qu'ils prenaient leur petit déjeuner.
- Un lessivage en grand, on dirait.
- La «Gauche Plurielle» ne va pas apprécier...
- Je crois que c'était prévu depuis un certain temps.
- Est-ce que le «Florentin» est venu seul?
- Non, il était accompagné d'une fille, une nymphette aux ongles fait et dents bien longues genre starlette plutôt prétentieuse qu'ils ont embarqués je ne sais pas trop où, après avoir réglé son compte au «Gros Tas». Et voilà tout ce que je peux te raconter, conclut-elle.
Dider’ replaça le barda sur son dos.
- Qu'est-ce que tu comptes faire, maintenant? s'enquit-elle.
Il ne lui répondit pas tout de suite. Sortant un petit emballage étanche d'une poche de sa vareuse, il en retira son «Tréo 650» qu'il actionna.
- «Manfred!...» souffla-t-il dans l'appareil lorsque la connexion fut établie.
- Je suis là, Did’, répliqua «Albrecht». Pas très loin de toi. Tu as eu des ennuis, on dirait?
- Pour l'instant, ça va. Tu peux te pointer par ici sans te faire repérer?
- En faisant un bon détour, ça doit être possible.
- A l'extrémité est du bois de «Chaoué». Tu verras une clairière assez large pour te poser.
- Laisse-moi vingt minutes.
- Prends ton temps, je n'y serai pas avant une demi-heure.
- C'est une affaire qui marche.
Le Viking «rouge» rempocha le «PalmOne».
- En route, Camarade! On a près d'un kilomètre à abattre en se bougeant les fesses.
- J'espère que tu sais ce que tu fais.
- Moi aussi, lui renvoya-t-il en forçant l'allure.



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Quae commoda sint pornographiae - Part 54


Quae commoda sint pornographiae - Bon Dieu, tu es arrivé à temps!

Dider’ la fit asseoir, se débarrassa de son sac à dos et entreprit de lui frictionner vigoureusement le dos et les cuisses.
- Ça va aller, dit-elle bientôt avec un petit sourire coincé. Tu vas m'arracher la peau, Dider’.
Ils devaient avoir gagné au moins cinq cents mètres de distance, ils pouvaient souffler un peu. Dider’ lui aussi était couvert de boue des pieds à la tête. Il lui renvoya son sourire.
- Comment es-tu arrivée ici? la questionna-t-il.
Elle respira plusieurs fois profondément.
- Je me suis échappée avant qu'ils me fassent la peau.
- Ta couverture avait sauté?
- C'est pas exactement ça. Je n'étais pas seule à m'être infiltrée dans ce cirque, il y avait avec moi «Safia OTOKORE», une élue socialiste, adjointe au Maire d’Auxerre que j'avais réussi à faire entrer dans la combine quand j'ai compris ce qui se passait dans la région. De bonne heure ce matin, elle m'a fait comprendre qu'elle était en danger, que quelqu'un avait passé une information à ces pourris. Je venais d'apprendre qu'il y avait une taupe chez nous, à l’association «Mix-cité», un type en relation avec ces grosses têtes de la «rue Solferino». Taupe pour taupe... Bref, nous devions nous retrouver sur le parking pour faire le point et c'est là qu'ils lui sont tombés sur le poil. J'ai assisté à la scène, ils l'ont entraîné à l'écart et ils lui ont tiré une balle dans la nuque avec un silencieux.
- Sans même la passer à la moulinette?
- Ouais. J'en ai déduit qu'ils savaient tout ce qui les intéressait et j'ai compris que ça allait être mon tour si je ne déguerpissais pas au plus vite. Alors, j'ai piqué une «Shelsley» et j'ai foncé à travers la forêt en espérant que ça se passerait à peu près bien.
- Et ils ont lancé une meute après toi...
- Quand je m'en suis aperçue, j'ai largué la caisse et j'ai continué à pied. Bon Dieu, tu es arrivé à temps!
- Et moi qui croyais que c'était après ma pomme qu'ils en avaient!
Elle eut un petit rire contenu.
- Tu ne peux pas toujours avoir le meilleur rôle.
- Mais, j'ai le meilleur rôle, celui du viking «rouge» venant au secours de la «valkyrie» en détresse!
- C'est vrai... Je suis bien ingrate de l'oublier si vite!
Et ils se sourirent doucement. Changeant de sujet, il lui demanda:
- Qu'est-ce que la «Fondation Copernic» et le «Regard» ont à voir avec ce qui se passe ici?
- Ces malades cherchaient une élue du peuple spécialisée dans les «Droits des femmes» et des «Inégalités». Ça tombait bien. J'ai travaillé sur le sujet, par le passé.


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Quae commoda sint pornographiae - Part 53


Quae commoda sint pornographiae - Volutes, alter égaux. Invitation au féminisme.

L'ouverture était envahie par des épaves de machines à laver, de vieilles motocyclettes et des ordures ménagères et Dider’ dut agrandir le passage à l'aide de son poignard, taillant et cisaillant comme un fou pour qu'ils puissent enfin prendre pied sur le sol en pente. Il aida la jeune femme pour lui éviter de glisser sur la multitude d'aiguilles de pin qui s'étaient agglutinées dans l'étroite cavité, la fit s'asseoir ensuite doucement au pied d'un arbre géant, puis prit le temps d'écouter les bruits montant de la forêt. Des ronronnements de moteurs se faisaient entendre, s'amenuisant progressivement. Plus proches, des émissions radio étaient perceptibles, ainsi que toute sorte de bruits témoignant d'une présence assez nombreuse, tout autour d'eux. Cela semblait surtout provenir de la crique qu'ils avaient quittée in extremis, en s'échappant par le puits d'eau. A quelle distance en étaient-ils?... Cent, cent cinquante mètres peut-être. Leur progression dans les grottes et les boyaux avait duré une vingtaine de minutes, mais Dider’ était conscient qu'ils n'avaient pas pu parcourir une distance plus importante. C'était pourtant une chance inouïe qu'ils aient réussi à trouver dans ce dédale souterrain une sortie, et, qui plus est, débouchant à l'abri des arbres. Entraînant la jeune femme, il marcha prudemment à travers la sylve saturée d'eau, évitant les chemins lorsqu'il en apercevait sur leur trajet.
- Salut, «Clémentine».
- Salut, Dider’.
C'était les premiers mots qu'ils échangeaient.«Clémentine Autain» était la fondatrice de l’association «Mix-cité», apparentée communiste. Dider’ la connaissait bien et depuis très longtemps. Il avait eu l'occasion de la rencontrer à plusieurs reprises, un peu partout, et toujours dans des cas critiques. Petite, blonde aux yeux gris-bleus, «Clémentine» était une battante, membre de la «Fondation Copernic» et rédactrice en chef de la revue «Regards». C'était une vraie professionnelle, habituée aux risques de son métier et aux dangers qu'ils représentaient. Pour l'instant, elle était couverte de boue et gelée par son séjour dans l'eau glacée des souterrains du plan d’eau de la «Gemerie». Une marche d'une quinzaine de minutes sur un terrain difficile n'avait pas réussi à la réchauffer. Elle n'avait pas grand-chose sur le dos, une simple combinaison en grosse toile noir et des pataugas «Malaga» de cuir. Elle claquait des dents.


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Quae commoda sint pornographiae - Part 52


Quae commoda sint pornographiae - Tant qu'on n'aura pas vu de cadavres remonter.

Le «Neuilléen», traitre au «Parti Communiste Internationaliste», grimaça.
- Voilà, cracha-t-il, passant sa «M1918A1» par l'ouverture de la portière.
«La perruque de quatre pied de haut» installé derrière lui en fit autant et, d'un coup, une pétarade épouvantable se fit entendre, délimitant une multitude d'impacts contre la roche calcaire et criblant la surface de l'eau. Six magasins de vingt cartouches de calibre 7,62 mm y passèrent avant que le pilote de l'«Ecureuil» effectue une manœuvre de positionnement pour permettre aux deux autres «Robes moulantes» de projeter des grenades «Mills N36 - "pomme de pin"» le long de la rive. Les explosions se succédaient de seconde en seconde, soulevant de grosses gerbes d'eau, puis les armes automatiques se remirent à crachoter en de longues rafales. Durant une trentaine de secondes, une zone de plus de cent mètres de longueur subit une ahurissante mitraille de plomb et d'acier tombant du ciel dans un vacarme qui, enfin, cessa d'un coup, les percuteurs des fusils-mitrailleurs de l'ingénieur «John Moses Browning» claquant à vide dans les culasses. «Cambadélis» clama ensuite dans sa radio:
- C'est terminé ! On a balancé toute la sauce, y peut plus rien y avoir de vivant là-dessous!
- Mate bien, quand même! fit la voix de «Delanoé».
- On fait un tour en descendant pour examiner ça de plus près, et après, j'crois qu'on pourra rentrer.
- Toi, tu rentres, la moitié des autres resteront sur place. Tant qu'on n'aura pas vu de cadavres remonter à la surface, j'veux qu'on surveille!
- C'est comme vous voulez!
- Ouais, c'est comme je veux, fulmina «Bertrand Delanoë». Et ce sera comme ça que personne pourra nous baiser la gueule !


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Quae commoda sint pornographiae - Part 51


Quae commoda sint pornographiae - Some kind of monster.

Profitant de l'arrêt de la pluie, une équipe de cinq «Drags Queens» s'était embarquée dans un «AS350» qui, à présent, survolait la crique. La portière latérale avait été repoussée et deux «Perruques de quatre pieds de haut» inspectaient les lieux en contrebas, leurs ongles fait, leurs armes pointées.«Jean-Christophe Cambadélis» avait pris place dans l'appareil.
- Où sont passés ces fumiers? cria-t-il pour dominer le vacarme de la turbine.
- Pour moi, ils se sont fait rectifier, dit «La robe moulante» assise à côté de lui et qui tenait un fusil-mitrailleur «Browning».
- On verrait des cadavres.
- P't'être qu'ils se sont trissés en nageant.
- On les aurait découverts.
- Ils ont pu plonger...
- Tu parles! Combien de temps tiendrais-tu sous l'eau, «Ma grande folle?...» ? Ça fait près d'une minute qu'on survole le coin.
- Quoi, qu'est-ce que tu dis?
Le bruit des pales ne facilitait pas la conversation!
A une trentaine de mètres sous l'«Ecureuil», le canot «Riva» décrivait des va-et-vient, longeant la rive pour tenter de repérer un quelconque mouvement, et des «Talons de sept pouces» s'approchaient prudemment de la crique dans une manœuvre d'encerclement. Le «TRPP11» pendu à la ceinture de «Cambadélis» se mit à cracher:
- Où en êtes-vous? Tu m'entends, «Kosta?...» C'était «Bertrand Delanoë».
- On est juste au-dessus de l'objectif, mais y a personne.
- Qu'est-ce que tu dis?
- C'est incompréhensible, à moins qu'ils se soient tirés avant qu'on arrive. Mais je vois pas par où ils auraient pu passer.
- Tu vois vraiment rien?
- Négatif. Ou alors, ils se sont jetés à la baille. Ils ont peut-être des appareils pour respirer sous l'eau.
- Possible. Est-ce qu'on sait au moins combien ils étaient?
- Deux, d'après ce qu'on nous a dit. La petite salope communiste devait avoir un copain dans les environs.
- Balaie-moi tout ce coin, «Kosta». Je veux pas qu'il reste quoi que ce soit de vivant, t'entends?
- Oui, bien compris, on va bombarder toute la zone.
- Laisse les équipes s'éloigner. Les «Roses», vous avez entendu?...
- O.K., on prend de la distance, répondit une autre voix de tarlouze dans la radio.
- Ouais, on dégage! fit encore une autre «Loufoque».
- L'équipe du rafiot, vous avez capté?
- On est déjà hors zone, «m'sieur Bertrand». Ils peuvent y aller!
- Perds pas de temps, «Kosta», pilonne-moi tout ce secteur!
La voix de «Bertrand Delanoë», «Maire du tout Paris» prit des intonations hystériques:
- Criblez-moi toute cette zone! Ils essaient peut-être de nous feinter. Envoyez le potage, putain de merde! Truffez chaque mètre carré de cette saloperie de flotte! Je veux être sûr qu'ils sont bien clamsés. Qu'est-ce que vous attendez, bande d'abrutis?...


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Quae commoda sint pornographiae - Part 50


Quae commoda sint pornographiae - La «Gay Pride de la Mairie de Paris» sonnait l'hallali.

La faille observée en surface devenait carrément une ouverture béante à trois mètres de profondeur. Il s'y glissa, sentant que sa camarade «Communiste» s'accrochait à lui par son ceinturon, et ils nagèrent ainsi sur quelques mètres avant de remonter doucement, débouchant dans une sorte de poche d'air obscure. Dider’ passa une main dans son dos pour extraire du sac une torche étanche et en promena le faisceau autour de lui. Ils étaient parvenus dans une petite caverne dont ils pouvaient toucher la paroi supérieure en tendant le bras.
- C'est pas le pied! gargouilla sa complice d'occasion d'une voix enrouée. Je suppose que tu as une idée?
Dider’ nageait déjà vers une sorte de boyau qu'il venait d'éclairer, au fond de la grotte. La «Journaliste» fit quelques brasses pour avancer elle aussi dans cette direction, toussant et crachant de l'eau. Quelques secondes plus tard, ils eurent la sensation qu'un léger courant s'établissait, comme si l'eau était aspirée vers les entrailles de la terre. Puis le boyau s'élargit, la paroi supérieure remonta et ils s'aperçurent qu'ils venaient de déboucher dans une caverne beaucoup plus grande dont une paroi devant eux était à peine éclairée par le faisceau de la torche.Il sentait son amie tout contre lui, percevait sa respiration un peu courte.
- Ça va? lui demanda-t-il.
- Faudra bien. Tu sais où on va?...
Dider’ n'en avait aucune idée. Il espérait simplement que l'orifice sombre qu'il entrevoyait tout au fond communiquait avec un autre boyau et qu'ils finiraient par trouver une sortie.
L'atmosphère était oppressante et ils n'entendaient autour d'eux que le clapotis de l'eau déplacée par leurs mouvements. Puis le «Musketeer» sentit sous ses pieds le fond de la nappe d'eau sombre. Il y avait une pente douce qui leur permit de progresser plus facilement jusqu'à l'amorce de l'étroite galerie souterraine dans laquelle ils s'enfoncèrent. Un instant plus tard, ils perçurent un crépitement continu, comme si de la grêle tombait quelque part devant eux, puis des explosions assourdies qui leur parvenaient à travers l'épaisseur de la roche. Là-haut, un enfer se déchaînait. La «Gay Pride de la Mairie de Paris» sonnait l'hallali.


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Quae commoda sint pornographiae - Part 49


Quae commoda sint pornographiae - Seek and Destroy.

Le Viking «rouge» fit un ultime examen de la crique à la découverte d'une de ces failles dans la paroi rocheuse qu'il avait repérées durant son inspection préliminaire, et trouva enfin ce qu'il cherchait, une grosse fêlure qui s'élargissait sous la surface de l'eau, comme l'entrée d'une caverne. Mais c'est alors que l'embarcation déboucha d'un coup du rideau de pluie en un jaillissement d'eau. Dans un réflexe, le «Musketeer» fit pivoter le canon du «M1941 Johnson Light Machine Gun» dont il caressa la détente. Une vingtaine de projectiles criblèrent la coque et il eut la satisfaction de voir deux des «Robes moulantes» se faire éjecter dans l'eau en battant des bras. Tout de suite après, le «Riva» vira court pour se mettre hors de portée, sous le rideau de pluie, et devint rapidement invisible. Mais il ne quitta pas les environs, décrivant un va-et-vient dans le but évident d'interdire un retrait par le plan d’eau. Un court instant, le «Musketeer» se dit qu'ils pourraient peut-être s'éloigner en nageant le long de la rive, parcourir ainsi deux ou trois cents mètres, et reprendre pied au ras du bois. Mais il déchanta vite. La pluie cessa subitement, comme si quelqu'un avait coupé un gigantesque robinet. L'embarcation reparut à une cinquantaine de mètres, se rapprochant en oblique. Le Viking «rouge» largua coup sur coup deux «Stielhandgranates 24» dans cette direction, mais «La perruque de quatre pieds de haut», qui pilotait le canot, donna un brusque coup de volant et les «Presses-purées» explosèrent sous la surface de l'eau, à plus de cinq mètres de la «Rolls» des mers qui tangua durement tout en reprenant de la distance. Puis une nuée de projectiles s'abattit avec violence sur la crique, arrachant une multitude de fragments de roche friable, sifflant et miaulant dans une infernale cacophonie tout autour de Dider’ et de sa camarade. Après avoir tiré quatre grenades fumigènes à main vers l'orée du bois, pour se donner quelques minutes de répit, le Viking «rouge» lâcha le fusil mitrailleur de feu le «Colonel Melvin Maynard Johnson Jr», s'avança jusqu'à la cuvette d'eau bordée par la roche, se laissa couler dans l'eau, faisant signe à la «Conseillère du 17ème arrondissement» de l'attendre, et s'y enfonça profondément. L'inspection de la cavité lui prit une vingtaine de secondes avant qu'il remonte à la surface, faisant signe à l'adjointe au «Maire du tout Paris» tout en passant le «Johnson M1941 LMG» en bandoulière sur sa poitrine et attrapant le sac aux explosifs. Après une courte hésitation, les yeux pleins d'étonnement, elle le suivit dans l'eau froide, plongeant à sa suite.

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Quae commoda sint pornographiae - Part 48


Quae commoda sint pornographiae - Les nerfs devaient être tendus au paroxysme.

Engageant une cartouche feuilleté, puis une «antitank grenade» dans le «Lebel», il la largua aussitôt en direction d'un «Renault FT-17» dont il entendait le ronflement à présent tout proche, en envoya une autre sur trois robes moulantes qui venaient d'apparaître près de la crique, poursuivit méthodiquement son pilonnage en faisant décrire au fusil du «Colonel Nicolas Lebel» un arc de cercle afin de bloquer l'avancée ennemie. Il ne comptait pas toucher systématiquement ses objectifs, son intention était surtout d'opérer un tir de barrage pour décourager temporairement l’aile social-libéral du «Parti Socialiste». Au bout de la huitième «grenade à baguette», il cribla la forêt d'une multitude de petits projectiles de Cal. 30, consomma cinq magasins dans un feu d'enfer et se mit ensuite à courir vers la crique tout en balançant encore quelques charges explosives pour couvrir sa rapide progression. Crochetant pour éviter des balles qui miaulèrent tout près de lui, il atteignit la poubelle-odorante-municipale surplombant la crique, aperçut la silhouette qui le mit un instant en joue avec son pistolet et se laissa tomber à côté d'elle. L'arme dévia aussitôt, se réalignant dans l'axe où elle était pointée précédemment. La «jouvencelle» de la Mairie de Paris grinça un peu des dents, eut un sourire crispé.
- J'aurais dû penser que c'était toi, lâcha-t-elle d'une voix essoufflée.
Dider’ lui tendit le «Lebel modèle 1886», conseillant en même temps:
- Tiens-le à deux mains, ça secoue.
Lâchant une nouvelle rafale avec le «M1941 Johnson Light Machine Gun» par-dessus la poubelle, il jaugea la situation. Ce n'était pas brillant. Des «Drags Queens» arrivaient de partout, convergeant vers leur position qui n'était rien d'autre qu'un cul-de-sac, un piège dans lequel ils avaient toutes les chances de rester pour de bon. S'emparant de l’émetteur-récepteur prise à l'ennemi, il passa en émission:
- A toutes les équipes! lança-t-il précipitamment. Faites gaffe, c'est une diversion, y a des communistes qui débarquent par l'arrière! Avec un temps de retard, quelqu'un répondit sur le même ton:
- Quels communistes? Qu'est-ce qui se passe?
- T'as pas compris? Merde! On est en train de se faire enfiler. Faites gaffe à vos culs!
- Ici Rose Quatre! Qui parle, et pourquoi on ne se ferait pas sodomiser?
- Regarde derrière toi, Rose quatre! Une autre voix passa sur la fréquence:
- Qu'est-ce que c'est que ce cirque? Répondez, toutes les Roses!
- Ici Rose Deux, on comprend pas nous non plus.
- De Rose Trois à Leader... J'ai l'impression que ça se passe mal. On sait pas ce qu'il y a dans ce foutu bois et on voit rien.
- Rose Trois! lâcha le «Musketeer». Tu es en train de te faire coincer par la gauche. Dégage! Dégage, bon Dieu!
Des coups de feu retentirent aussitôt, des cris de rage et de douleur, tandis qu'un chauffeur actionnait le klaxon de son véhicule pour une raison obscure. Peut-être appelait-il à l'aide ou s'était-il effondré sur son volant, touché par un projectile aveugle. En quelques instants, Dider’ avait réussi à semer la pagaille en jouant sur l'excitation des transsexuels socialistes dont les nerfs devaient être tendus au paroxysme. D'après ce que comprenait le Viking «rouge», certains étaient même en train de se tirer dessus à l'aveuglette, croyant avoir affaire à des communistes surgis dans leur dos. Mais il savait bien que le répit serait de courte durée.
Une observation brève dans la poubelle-odorante lui prouva qu'ils étaient coincés. Il n'existait aucun cheminement qui pût leur permettre de quitter le piège, aucun abri naturel. La roche calcaire qui s'étendait sur moins de deux mètres de hauteur et délimitait un arc de cercle d'une quinzaine de mètres sur le plan horizontal ne possédait d'autre sortie que par le plan d’eau où le bruit grondant d'un moteur poussé à fond se faisait entendre. Le bateau, bien sûr. Toute retraite leur était coupée. Il lui restait encore la possibilité d'utiliser les charges explosives de «Composite B - 1/2 lb. TNT» en les balançant autour de la crique pour fabriquer une ligne défensive. Il pourrait les faire péter à distance avec son déclencheur radio. Mais après? Lancer le grand feu d'artifice depuis le «Nuffield-Liberty» ferait un assez joli massacre. Malheureusement ils seraient parmi les victimes...


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Quae commoda sint pornographiae - Part 47


Quae commoda sint pornographiae - D'une main ferme.

Il alla récupérer un «TRPP11» tombé à côté de l'une des deux fiottes-cadavres et l'accrocha à son ceinturon avant de reprendre son chemin, se dirigeant vers les rives du plan d’eau pour rejoindre la position qu'il avait occupée auparavant. Revenir sur ses pas lui semblait être la meilleure tactique, d'autant plus que le Congrès était à présent dégarni d'une bonne partie de ses effectifs. Arrivé à proximité, il pourrait reprendre son plan d'attaque initial, même s'il devait improviser quelque peu. Comme par un caprice de la nature, la pluie cessait par à-coups, reprenant de plus belle un peu plus tard. Au bout de quelques centaines de mètres, il s'arrêta une nouvelle fois, tout près du bord du plan d’eau, se rendant compte que des automitrailleuses à chenilles «Renault FT-17» arrivaient en nombre par des routes différentes, tandis que des glapissements retentissaient un peu partout. Devant lui, à une cinquantaine de mètres, il y avait une crique entourée de roches calcaires, et ce qui attira son regard fut un mouvement furtif dans cette direction. Lors d'une perte d'intensité de la tourmente, il vit une silhouette se glisser entre les feuillages, se dirigeant par petits bonds vers la crique. Le fuyard s'arrêta bientôt et se retourna pour observer ses arrières. Vu son comportement, ce n'était pas un(e) «Drag Queen» Socialiste. Essuyant sommairement l'objectif de sa longue vue, Dider’ la plaça devant ses yeux. La mise au point était manuelle et une exclamation lui échappa aussitôt. Le visage qu'il apercevait en gros plan lui était connu. Malgré le béret qui en dissimulait une partie, il était à présent sûr de ne pas se tromper. Bon Dieu! Il savait désormais qui était ce camarade du «Communiste» dont «Manfred Albrecht» lui avait signalé la présence dans le Congrès mafieux. Et c'était très mal parti pour lui. Ce n'était pas le «Browning Hi-Power» finnois d'avant guerre équipé de son étui-crosse qu'il apercevait dans la longue vue, tenu d'une main ferme, qui pouvait lui permettre de se tirer d'affaire. Dider’ ne pensa même pas aux conséquences que son intervention allait avoir sur son plan d'attaque. Il y avait tout près de lui une vie chère qu'il voulait sauver à tout prix, même s'il devait y laisser sa propre peau...


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Quae commoda sint pornographiae - Part 46


Quae commoda sint pornographiae - Hysteria - «Tu sors, t'es mort... Si c'est eux qui sort, c'est eux qu'est mort»(Une expression de poilus en 1917)

Dider’ avait eu le réflexe de se laisser glisser au sol en apercevant le groupe, quatre «Drags Queens» qui venaient de surgir brusquement. Il les vit passer à cinq mètres de lui, apparaissant et disparaissant entre les troncs d'arbres et le feuillage. Le dernier «Loufoque» eut la très mauvaise idée de trébucher et de s'affaler dans l'humidité tout en crispant malencontreusement son doigt sur la détente du fusil-mitrailleur «Chauchat» qu'il tenait. Une rafale partit dans le feuillage alentour, blessant par la même occasion l'homme aux talons de sept pouces qui le précédait. Immédiatement, les deux autres perruques de quatre pieds de haut s'arrêtèrent et pivotèrent, croyant à une attaque venue de l'arrière...

Pour la discrétion, c'était plutôt foutu. Se redressant à demi, Dider’ faucha les deux imitations féminines d'une salve de «M1941 Johnson Light Machine Gun», arrosa dans la foulée le «Loufoque» malchanceux ainsi que sa copine qu'il avait blessé. Le tout ne dura que trois secondes, le temps de vider un magasin qu'il remplaça aussitôt. Bientôt, il retrouva l'emplacement où il avait laissé son «havresac modèle 1893» étanche et le chargea sur son épaule, revenant carrément sur ses pas alors que la pluie se mettait à tomber avec force. La frondaison des arbres en atténuait la violence, mais ça ne pouvait qu'empirer. A l'occasion d'une courte pause, il entendit des bruits de branches cassées, des appels étouffés. Cela provenait de son flanc gauche et, manifestement, il s'agissait d'une équipe supplémentaire lancée de ce côté pour lui couper la retraite. Il dut incurver sa trajectoire, accepter temporairement d'être refoulé vers le plan d’eau. Marchant très vite sur plus de deux cents mètres, il déboucha sur un chemin boueux qui sinuait à travers les arbres, s'accroupit quelques secondes pour observer la nouvelle situation. Des appels, des bruits de branches cassées lui parvenaient d'un peu partout à la fois. Les talons de sept pouces, les perruques de quatre pieds de haut et les robes moulantes ne se gênaient plus à éviter d'être bruyants, elles étaient nombreuses, maintenant. Elles se sentaient sûrs d'elles. Il lui fallait absolument franchir le chemin de terre pour s'enfoncer à travers des taillis qu'il apercevait de l'autre côté et dans lesquels il avait des chances de faire perdre sa trace. Ce fut précisément au moment où il se redressait pour s'élancer que deux silhouettes armées débouchèrent au pas de course d'un tournant de la piste. Les deux «Drags Queens» l'aperçurent avec un temps de retard et stoppèrent net. Le Viking «rouge» avait laissé pendre le «M1941 Johnson Light Machine Gun» sur sa poitrine, préférant utiliser le «tromblon-espingole» silencieux pour se dégager en sourdine. Avant même que les arrivantes aient pu aligner leur tir, le flingue sinistre leur cracha deux pastilles de «cailloux et morceaux de verre» qu'ils prirent chacun en pleine gueule dans un bref éclaboussement pourpre. Pour assurer le coup, il doubla et attendit un instant, voulant s'assurer qu'il ne survenait pas une arrière garde. Mais les bruits qu'il percevait toujours étaient éloignés.


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Quae commoda sint pornographiae - Part 45


Quae commoda sint pornographiae - Time is Running Out.

Un «TRPP11» crépita dans la main de «Bertrand Delanoë», visiblement, les consignes de silence n'avaient plus cours:
- «Rose» Deux à leader! On pense avoir coincé la jouvencelle, mais on a besoin d'un renfort.
- Vous pouvez pas vous démerder à vous tous? rugit le «Maire du tout Paris», «folle» de rage.
- On n'est pas assez, on voit rien dans cette putain de merde de bois!
- Où êtes-vous?
- Presque au bout du chemin, au sud. «Rose» Trois et «Rose» Quatre bloquent l'extrémité, mais on craint un passage vers le nord.
- Ouais! Bon, je vous envoie du renfort. Tâchez au moins de pas vous faire enculer sans préservatif!
- On fait tout ce qu'on peut.
- Faites encore plus!
«Delanoë» laissa passer trois secondes puis aboya dans l’émetteur-récepteur:
- T'as entendu, «Guy?...»
- J'ai entendu, répliqua aussitôt une voix dans les aigus.
- Fais embarquer une dizaine de tes «Drags Queens» dans un «char Schneider», je veux qu'ils soient là-bas dans moins de deux minutes. Envoie aussi quelques «Loufoques» avec le canot «Riva».
- Qu'est-ce qu'on doit faire exactement, on ramène la «femelle-léniniste» ou on la culbute?
- Tu ramènes rien du tout, «Guy». On n'a pas le temps. Je veux que tout soit réglé dans moins de vingt minutes. Pigé?
- O.K.
Au moment de couper, il ajouta:
- Fais gaffe, ne va pas arroser les autres.
- O.K., on y va.
«Bertrand Delanoë» remit brutalement l'appareil à sa ceinture en croco et se tourna vers «Jack Lang» qui se bouffait les ongles, assis d'une fesse sur le coin d'une table.
- C'est ça, les spécialistes que tu as ramassés? grinça ce dernier.
- Oh! Viens pas me faire des reproches. Tout ce que toi et «Dominique» aviez à me proposer, c'étaient que des branleurs de mouches. Et puis, c'est vrai que c'est pas évident de repérer quelque chose dans ces bois.
- C'était trop beau!
- Qu'est-ce qui était trop beau, «Jack?...»
- L'opération était trop bien partie pour que ça dure.
- Te fais pas trop de mouron, la place sera nette quand nos élus se ramèneront.
- J'voudrais bien.
- T'es défaitiste?
- Non, sûrement pas, mais je sais voir la merde quand elle est là.
- Laisse-moi m'occuper du problème, on en reparlera après.
- Tu sais ce qui me fait mal aux seins, «Bertrand?...» C'est de savoir qu'on s'est fait espionner pendant plus de quatre ans par une merde du «Parti Communiste» sans que personne ne s'en doute. Et le pire, c'est que ce business n'a rien à voir avec l’«ecstasy».
- Personne pouvait se douter, «Jack». Personne, même pas toi...
- Qui a amené cette salope, hein?
- Quelqu'un qui était en affaires avec «Dominique» et le gros sac à merde qui a perdu sa tête, un de ceux que j'ai fait liquider tout à l'heure.
- C'est ça que je voulais t'entendre dire, répliqua «Jack Lang». Alors pourquoi est-ce que cette petite connasse a pu passer à travers, hein, dis-moi?
- J'en sais rien. Putain! Est-ce que tu es en train d'essayer de me donner une leçon? Je connais mon boulot et c'est sûrement pas toi qui vas me torcher le cul, fous-toi bien ça dans la tête, «Jack!...».
«Jack Lang» haussa les épaules. Décollant sa fesse de la table, il se dirigea en silence vers la sortie et claqua la porte derrière lui.«Bertrand Delanoé» lâcha une bordée de jurons, décrocha de nouveau le «TRPP11» de sa ceinture en croco et boucle Western et cracha:
- Où tu en es, «Ferez?...»
Une voix mêlée au ronflement d'un moteur en marche lui répondit aussitôt:
- On est sur le chemin le long du plan d’eau. Vous en faites pas, on va la coincer.
- T'as intérêt! fulmina-t-il en balançant son énorme poing sur le plateau de la table.
Il se raidit subitement en entendant l'écho d'une rafale, dans le lointain. Il y eut ensuite plusieurs coups de feu rapprochés, puis une seconde rafale qui semblait tirée avec une arme différente. Il crut également entendre des cris et des vociférations, alla se coller à la fenêtre, comme s'il pouvait distinguer quelque chose à cette distance, surtout avec la pluie qui recommençait à tomber et limitait la visibilité à moins de vingt mètres.


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Quae commoda sint pornographiae - Part 44


Quae commoda sint pornographiae - L'effet de surprise prévu se désagrégeait.

Le «Musketeer» rempocha l'appareil, notant que des vrombissements de moteurs se faisaient entendre. Malgré l'épaisseur du bois qui atténuait les sons, il eut conscience qu'il s'agissait de plusieurs véhicules et que ceux-ci paraissaient venir dans sa direction. Se tenant parfaitement immobile, il chercha à comprendre. Le mouvement de troupes avait-il un rapport avec le départ précipité de la «Shelsley», auquel il avait assisté, ou les «miliciens», «sociaux-libéraux» avaient-ils décelé sa propre présence à proximité? Les deux hypothèses étaient plausibles. Il se demanda aussi si l'appel téléphonique qu'il venait de recevoir du «Baron Rouge» pouvait être à l'origine d'une détection et d'un repérage. Pourquoi pas? Avec tout l'appareillage technique dont bénéficiait le «Parti Socialiste» dans le coin, ce n'était pas invraisemblable. Forçant l'allure, il poursuivit sa progression au milieu des arbres, écoutant les ronflements des moteurs «quatre-cylindres» qui s'amplifiaient rapidement. Au moins deux automitrailleuses à chenilles «Renault FT-17» roulaient à assez vive allure sur sa droite, probablement sur le chemin dont il avait vu l'amorce, près du plan d’eau. Et il y en avait un autre qui traçait sa route à plus grande distance, sur sa gauche. Ensuite, il perçut un autre bruit, le grondement moins sourd d'un moteur que l'on venait de lancer et qui devait correspondre à celui du canot «Riva», près du ponton. L'affaire se présentait mal. D'un coup, l'effet de surprise prévu se désagrégeait et, pourtant, il ne lui semblait pas avoir commis d'erreur. A part, éventuellement, la communication téléphonique avec son cellulaire.Puis il entendit des cris, des appels, et plusieurs rafales de «7.92 mm Hotchkiss» retentirent. Mais ce n'était pas après lui qu'on en avait, aucun tireur n'était encore en vue. Alors quoi? Les députés mafieux du «Parti Socialiste» étaient-ils brusquement devenus fous? Qui était la cible?... Tous ses plans étaient à l'eau. Il ne pouvait prendre le risque de tirer sur des camarades du «Parti Communiste» et, en plus, il ne comprenait absolument rien à ce qui était en train de se passer!... Sans parler de la star déchue, députée de la 2e circonscription des Deux-Sèvres, perdue au milieu d'un reality-show qu'elle n'avait sûrement pas prévue...


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Quae commoda sint pornographiae - Part 43


Quae commoda sint pornographiae - Un conte de fée républicain.

Le peu que Dider’ avait vu de la silhouette évoquait pour lui un souvenir. Se pouvait-il que... Non, il aurait fallu un ahurissant concours de circonstances. Dubitatif, il envisagea d'appliquer sans délai l'un des trois plans d'attaque qu'il avait envisagés, d'abord une diversion à l'aide de quelques obus de 6 livres déclenchés à distance, ce qui sèmerait la pagaille dans une partie du «Congrès Socialiste» tandis qu'il opérerait individuellement de l'autre côté. Ça pouvait lui permettre de tirer la Présidente du «Conseil Régional de Poitou-Charentes» de la gueule du loup. En faisant ainsi, pourtant, il minimisait ses chances et ne bénéficierait que partiellement de l'effet de surprise. Il pensa que «Marie-Ségolène Royal» pouvait attendre un peu, qu'elle n'était pas dans l'immédiat en danger grave, les députés, traitres à l’«Idéal Socialiste», ayant des questions autrement importantes à régler que de s'occuper d'une actrice-en-devenir, fille de «Hélène Dehaye», au destin mal parti. Reculant entre les arbres, il s'enfonça dans les bois de «Chaoué» et se mit à marcher rapidement. Il avait parcouru plusieurs centaines de mètres, quand son cellulaire se mit à vibrer dans une poche de poitrine de sa vareuse. Sortant le petit «PalmOne» Treo 650, il regarda l'écran où venait de s'inscrire le numéro du correspondant. C'était «Manfred Albrecht». Il avait demandé à l'as des as de la «Grande Guerre» de ne l'appeler qu'en cas d'urgence.
- Oui, souffla-t-il tout en s'accroupissant et surveillant les alentours.
- Je viens juste d'avoir «La Parabole» en ligne, Dider’.
«La Parabole» était le nom de code du «Lecteur, numéro Un» dans l’hexagone. Une ultime mesure de prudence malgré l'inviolabilité du cryptage électronique.
- Il a eu du nouveau, il fallait que tu saches. Tu es sur place?
- Oui. Qu'est-ce qui se passe?
- Le «Parti Communiste Français» a quelqu'un là-bas. Deux camarades qui apparemment ont réussi à infiltrer le système.
Dider’ jura sourdement.
- Quand a-t-il eu cette information?
- C'est tout récent. Il jure qu'il n'était pas au courant auparavant. Le «P. C. F.» voulait régler l'affaire en douce, sans nous mettre dans le coup.
- Il t'en a dit un peu plus?
- Il ne sait pas de qui il s'agit, il n'a obtenu aucune description de ces camarades, mais il pense que l'un d'eux pourrait être l’auteur d’«Un conte de fée républicain» parut en février dernier.
- Ça semble tordu.
- A priori, oui, mais ça recoupe un renseignement qu'il a eu voilà près d'un mois, au sujet d'une «Somalienne», issue des quartiers pauvres de «Djibouti» qui aurait mis le doigt sur une affaire de «gros arrivage sexiste», du côté d’«Auxerre» et de la «rue Solferino». J'en connais pas plus, Dider’, «La Parabole» tente de son côté d'obtenir des informations complémentaires. Bref, il te fait dire d'ouvrir l'œil et de ne pas balancer toute la sauce sans avoir identifié les cibles.
- Je vois, grogna le «Musketeer». Autre chose?
- Pas pour l'instant.
- O.K. N'établis plus de contact avant que je t'appelle.
- Compris. Heu, ce serait peut-être bien que je me rapproche un peu avec le «Sikorsky?...»
Dider’ répliqua après un court instant d'hésitation:
- Entendu, mais ne t'approche pas trop. Pas plus de cinq kilomètres.
- D'accord, Did’, je resterai hors de portée.
- Tu as vu «Louis-Emile?...»
Il parlait du gardien du petit terrain d'aviation où le «Baron Von Richthofen» avait posé le «Gotha GIV» - «The Englandflieger».
- Non, y a pas un chacal ici, c'est toujours le grand désert. Ça doit pas être un lève-tôt, le mec, vu le trafic sur son tarmac! Bon, je vais décarrer.
- O.K. Ciao.


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Quae commoda sint pornographiae - Part 42


Quae commoda sint pornographiae - Le Taxi de la Marne.

Dider’ en avait assez vu. Il se préparait à se replier pour rejoindre l'endroit où il avait laissé son barda, quand il entendit des glapissements ainsi qu'un cri strident qui ne pouvait avoir été poussé que par une femme. Il se tint parfaitement immobile, les sens en alerte. Cela lui semblait provenir du chalet dans lequel il avait cru apercevoir une silhouette féminine, lors de sa première observation depuis le «Liberty». Les hommes massés à proximité du ponton avaient eux aussi entendu les cris et se déplaçaient déjà pour tenter de voir ce qui se passait. Puis une grosse voix clama:
- Faites-la taire, cette connasse! Merde...
Invisible depuis la position que Dider’ occupait, quelqu'un donna aussitôt la réplique:
- Vous en faites pas, «m'sieur Bertrand», on l'emmène au local technique.
Portés par la surface de l'eau, les sons se propageaient loin. Il y eut encore quelques cris stridents et ce fut tout. Dider’ grimaça. Il ne voyait pas qui d'autre que «Ségolène Royal» aurait pu se trouver dans ce camp. La fille de «Jacques Royal» n'avait rien d'une sainte, bien sûr, ce n'était qu'une arriviste sans la moindre moralité, mais le «Musketeer» imaginait difficilement de l'abandonner à un sort qui deviendrait à coup sûr vite intolérable. Il s'agissait d'un être humain entre les pattes des cannibales du «Parti Socialiste». Il ne savait que trop ce que ceux-ci étaient capables de lui faire, soit pour l'obliger à parler, soit tout simplement pour rigoler un bon coup avant de l'éliminer. La suite des événements était sans équivoque pour Dider’. Comment la situation en était-elle parvenue là? «Bertrand Delanoë» et sa bande s'étaient-ils déjà occupés du souteneur de la députée des Deux-Sèvres?... Oui, probablement. Mais cela n'avait pas d'importance. «François Hollande», lui, était une pourriture, social-libéral, absolu.
Tandis que l'attention générale se portait toujours dans la direction où il y avait eu des cris, Dider’ aperçut un mouvement bizarre, à l'autre extrémité des lieux. Une silhouette furtive venait de se démasquer de l'angle d'un bungalow et franchissait rapidement une étendue dégagée en direction du parking; une silhouette mince vêtue d'une combinaison noire et coiffée d'un béret qui ne laissait voir que la moitié du visage. Dans l'optique de sa longue vue, il la vit prendre place dans une «Crossley - Tom Griffin's» décapotée et s'affairer sur le tableau de bord. Un instant plus tard, la «15hp» démarra, roula d'abord doucement puis accéléra vers l'extrémité du camp. Quelques secondes plus tard, deux hommes se mirent à lancer des appels, désignant du bras la direction prise par le véhicule. Puis un «Renault AG - Taxi de la Marne» se mit en branle, se lançant sur les traces de la «Shelsley» qui disparut bientôt, absorbée par le bois.


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Quae commoda sint pornographiae - Part 41


Quae commoda sint pornographiae - A republican fairy tale.

Tapi entre les grands arbres, Dider’ avait une vue imprenable sur l'arrière du «Congrès Socialiste». De ce côté, il découvrait ce qu'il n'avait pu observer depuis le «Nuffield-Liberty», deux bungalows de plain-pied dont le plus proche était situé presque sur la rive du plan d’eau. Il y avait un petit ponton contre lequel on avait amarré un canot «Riva» rapide équipé d'un moteur hors-bord situé dans l'imposante partie arrière pontée. La «Rolls» de la mer servait peut-être occasionnellement pour effectuer des rondes de surveillance à la périphérie du plan d’eau.

  • Riva est une marque de bateau à moteur, créée par le constructeur italien Carlo Riva au début des années 50 pour concurencer la marque américaine Chris-Craft qui règnait dans le domaine depuis les années 30.
Un groupe d'hommes était visible près du bâtiment le plus proche, des types en train de discuter; eux aussi semblaient nerveux. Dans l'optique de sa longue vue, le «Musketeer» pouvait observer leurs visages tendus, leurs regards nerveux. Probablement une équipe de renfort, pour le cas où... Mais ils ne ressemblaient pas aux classiques voyous qui arpentent les rues des grandes villes, frimant et attendant des coups faciles. C'étaient manifestement des durs, des gars entraînés aux situations à risque. «Bertrand Delanoë» et ses amis avaient dû soigneusement les choisir. Peut-être certains étaient-ils d'anciens hétérosexuels, voire des types formés dans l’une des soirées de la «Mairie de Paris» qui s'était mise aux couleurs de la «Gay Pride!...» Avec un «DJ» exceptionnel en la personne de son «Maire». Il faudrait en tenir compte au moment de passer à l'action… La Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans avait réuni 700 000 personnes dans les rues parisiennes - 550 000 d’après la préfecture.

La pluie commença à tomber d'un coup, dura moins d'une minute et s'arrêta, comme un premier coup de semonce. Le plafond nuageux s'était abaissé à moins de cinq cents mètres, paraissant vouloir écraser les lieux de sa masse colossale, et la visibilité se réduisait de plus en plus.


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Quae commoda sint pornographiae - Part 40


Quae commoda sint pornographiae - Si les saucisses pouvaient parler.

«Bertrand Delanoë» referma la porte derrière lui et s'avança dans une grande pièce aménagée en salle de conférence.
«Jack» lui lança un regard interrogatif.
- Alors?
- C'est fait, répondit «Delanoë» avec un sourire de hyène, faisant un geste de la main contre sa gorge. Je me suis occupé moi-même de la grosse gonfle.
- Et les autres?
- On les a gentiment conduits dans la salle à manger pour leur offrir un petit déj' et... Il ricana.
- Ça s'est passé tout tranquillement. Ils n’ont même pas eu le temps de comprendre.
«Jack Lang» vit que l'autre avait une tache de sang encore toute fraiche sur le dos de la main. Dissimulant une grimace d'écœurement, il se tourna de côté et s'enquit encore:
- «Dominique» t'a dit quelque chose au sujet de la pouffe?
- Il va lui parler lui-même. Il dit qu'il va lui mettre le marché en main et voir si elle veut bien coopérer avant de passer aux choses sérieuses.
- Ce sera du temps perdu.
- Peut-être pas. Surtout quand elle verra la tête du gros lard.
- Tu viens de me dire que tu l'as...
Le «Maire du tout Paris» pouffa de rire.
- J'ai dit, la tête. Pas le reste.
Pointant son pouce vers la porte, «Bertrand Delanoë» ajouta d'un ton railleur:
- Elle est dans un «handy-bag», là dehors. Tu veux voir la tronche qu'il fait, ce gros con? Son dernier sourire ne manque pas de charme...
«Jack Lang» n'en avait pas vraiment envie, non. Il eut un petit haut-le-coeur et un rictus se dessina sur ses lèvres minces.
- Faudra passer un coup de serpillère, répliqua-t-il pour se donner une contenance.
- T'inquiète, des gars s'en occupent déjà. Ce sera nickel quand on ouvrira les portes aux représentants de commerce de luxe. Tu veux vraiment pas voir la gueule du 1er secrétaire?
- Fous-moi la paix avec ça! grogna «Lang». Y a des choses plus sérieuses à penser.
Son estomac émit un borborygme et il ajouta:
- On n'a toujours pas de nouvelles de la navette?
Il voulait parler de l'hélico prévu pour amener les visiteurs sur place.
- Tu perds ton sang-froid, mec... C'est encore trop tôt. Ils n'arriveront pas avant 10 heures.
- Je vais quand même aux nouvelles, dit encore «Jack Lang» en sortant un téléphone portable de sa poche.
- Hé, fais pas ça, «Jack!...» Tu sais ce que les techniciens ont dit.
- Merde, c'est vrai. Ça commence à me faire chier, cette histoire de black-out téléphonique.
- T'es pas le seul. Les gars n’ont pas été heureux quand on leur a piqué leurs appareils. Paraît que ça fait des interférences avec le système. Si tu veux balancer un coup de fil, fais-le du local technique.
Haussant les épaules, «Lang» souffla dans ses mains en un geste qui lui était habituel, puis quitta la pièce.
- T'énerve pas, lui lança «Bertrand Delanoé». Dans cinq jours, t'auras plus à te gêner.
Il craçha sur le dos de sa main et se mit à la frotter avec un kleenex pour faire disparaître la tache de sang. Puis il alla ouvrir la porte, descendit deux marches et ouvrit le sac contenant la tête de «François Hollande», la fixa avec un sourire hideux, envoya dessus un jet de salive et referma le sac.
- Va chier, connard! proféra-t-il.
Les premières gouttes de pluie commencèrent à tomber sur le camp.«Encore un peu de patience, et la plus grosse magouille de l'année serait terminée et en route pour Bruxelles», songea le pourri.


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Quae commoda sint pornographiae - Part 39


Quae commoda sint pornographiae - La jungle parlementaire.

De l'autre côté de la clairière, un chemin s'enfonçait sous la frondaison des pins. Il y observa des traces de pneus, de chenilles, des traces récentes à n'en pas douter. D'après ce qu'il avait vu depuis le «Mark VIII Liberty», ça n'avait rien de surprenant. Reprenant sa marche forcée, il croisa une autre piste également marquée de traces laissées par des véhicules. Il entendit aussi un bruit de moteur en approche et se laissa tomber au sol sans un bruit pour éviter une équipe de surveillance effectuant sa ronde. Le terrain commençait à devenir dangereux. S'il tombait nez à nez avec des miliciens sociaux-libéraux du «Parti Socialiste», il ne pourrait éviter une fusillade et, alors, adieu l'approche en sourdine. Il n'était plus question de marche forcée. Dider’ ôta le gros sac de son dos et le dissimula derrière des poubelles municipales, prenant des repères odorants pour le retrouver sans difficulté. Le bois était quasiment identique en tout point, mais le Viking «rouge» savait y évoluer et se créer des marques et des repères invisibles pour le commun des mortels. Il avait été formé aux odeurs et combat dans la jungle parlementaire et le bois dans lequel il progressait actuellement paraissait comparativement à un terrain de jeu de pistes. Sa seule crainte était un engagement prématuré avec tous ces gars armés jusqu'aux dents qui sillonnaient le coin.


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Quae commoda sint pornographiae - Part 38


Quae commoda sint pornographiae - Il était pratiquement indécelable..

Il ne lui restait plus qu'à programmer l'ordinateur de tir du «Liberty» pour un déclenchement à distance d’obus de 6 livres dont il choisit soigneusement les cibles. Un pour chaque bungalow, trois autres pour les pylônes supportant les antennes et la grande coupole de liaison satellitaire. Quatre autres encore, qu'il programma pour des impacts sur le parking et l'aire réservée aux hélicoptères. Douze Dragons «rouges» étaient maintenant prêts à jaillir de la tourelle de lancement dès qu'il presserait des touches numérotées pour leur mise à feu, et le camp des tordus-sociaux-libéraux ne serait plus qu'un souvenir fumant. Le réapprovisionnement du canon était automatique et ne demandait que dix secondes pour chaque chargement de six obus. Enfin, il chargea le lourd havresac sur son dos et quitta le «Nuffield-Liberty» en activant les sécurités électroniques à l'aide d'une télécommande. Quiconque, à part le «Musketeer», tenterait à présent de s'y introduire recevrait d'abord un avertissement sous forme d'une décharge électrique de 10.000 volts, et, si un deuxième intrus insistait, il serait purement et simplement éliminé par des tirs de «Browning Model 1917 Machine Gun» jaillies des flancs de l'énorme véhicule. Lorsqu'il en fut éloigné de quelques centaines de mètres, Dider’ se retourna un instant. Presque entièrement dissimulé derrière de hauts buissons, le «Mark VIII» ne laissait voir que la «Hotchkiss machine gun» ainsi qu'une antenne flexible et le périscope de visée. Depuis le Congrès du «Parti Socialiste», il était pratiquement indécelable.En portée directe, la distance était d'un peu plus d’un kilomètre, mais Dider’ dut marcher sur une distance de plus du double, effectuant un large demi-cercle pour aborder son objectif par l'est, s'enfonçant aussitôt sous le couvert des bois de «Chaoué». Dans le petit matin, l'air était humide et froid, presque poisseux. Il dut bientôt ralentir sa progression. A proximité du plan d’eau, le sol était saturé d'humidité, glissant par endroits et la plupart du temps recouvert d'un tapis d'aiguilles de pin dissimulant des trous et des racines. La marche était difficile et épuisante, mais le Viking «rouge» avait connu des terrains plus terribles encore, et il soutint l'allure durant près d'une demi-heure puis s'arrêta à l'amorce d'une petite clairière. Son équipement pesait très lourd sur son dos. Il souffla un instant, écoutant les bruits ambiants, le fourmillement de la forêt du à une multitude d'insectes et de petits animaux qui poursuivaient leur incessant labeur.


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Quae commoda sint pornographiae - Part 37


Quae commoda sint pornographiae - Oh! It's a lovely war.

Le Viking «rouge» passa encore un quart d'heure à observer les rives du plan d’eau ainsi que la forêt qui l'encerclait sur près d'un demi-périmètre. Les arbres poussaient très près de l'eau, mais il y avait par endroits de petites plages, des bandes sablonneuses de huit à dix mètres de largeur, et quelques criques formées par des proéminences calcaires. Curieusement, le terrain à peine vallonné sur des dizaines de mètres comportait le long du plan d’eau des sortes de falaises peu élevées, fissurées par endroits et comportant des orifices ressemblant à des entrées de cavernes ou à des couloirs naturels creusés par l'eau. Le plan d’eau lui-même n'était pas immobile. Un léger courant déplaçait lentement des feuilles mortes et des branches cassées à sa surface. Le fait pouvait s'expliquer par l'apport de la rivière Sarthe qui y déversait ses eaux.
Le plan d’eau de la «Gemerie», d'une surface d'environ quatorze hectares, n'avait aucun déversoir, c'était une sorte de cul-de-sac hydraulique. Pourtant, son niveau d'eau était toujours constant quelle que soit la saison. Dider’ pensait que le trop-plein s'écoulait à travers des galeries souterraines creusées naturellement dans le calcaire, comme c'était le cas de nombreux plans d’eau dans cette région du «Texas-La Sarthe». Mais ses préoccupations étaient ailleurs. Eteignant le système de repérage électronique, il passa dans le module habitable du «Nuffield-Liberty» pour s'équiper. Il hésita un court instant sur le choix de sa combinaison de combat. Un uniforme de «Marsouins», de «Chacals» ou de «Turcos» aurait pu convenir pour se confondre dans la végétation, mais le temps s'assombrissait malgré la levée du jour. Il n'y aurait aucun rayon de soleil, que des nuages sombres et peut-être de la pluie d'un instant à l'autre. Son uniforme de «Zouave» était mieux adapté. - En 2005, la tenue des «Zouave» ne différait que très peu de celle des troupes dites «Métropolitaines» de 1939, outre le port de la «Chéchia», de la ceinture de tradition de couleur bleue et des attributs indiquant leur appartenance aux troupes d'Afrique...
Il l’enfila. D’abord le pantalon de type «Golf» modèle 1935, protégé par une paire de bandes molletières de forme centrée, puis la vareuse et les brodequins en cuir fauve. Il s’enroula dans la ceinture de tradition de laine bleue de 4m de long et mit le ceinturon réglementaire, alla décrocher d'un râtelier d'armes ses trois cartouchières et son «Lebel» modèle 1886, l’épée baïonnette qu'il glissa dans un étui de cuir contre sa hanche gauche, ainsi que l’énorme «M1941 Johnson Light Machine Gun». Le fidèle «tromblon-espingole», - Le tromblon ou espingole est une arme à feu que l'on charge par la bouche, et dont le canon est évasé (en forme de trompette). Le tromblon fut utilisé au XVIIe siècle, et est l'arme la plus généralement représentée comme étant l'arme des pélerins - prit naturellement sa place dans un holster sous son aisselle gauche. Tout un assortiment de munitions vint compléter son équipement de «Zouave» ainsi que quelques gadgets hypersophistiqués dus aux équipes du «Black Manor» dirigées par l'ami «Olsen’», puis il sortit d’un placard métallique un havresac modèle 1893 contenant des charges explosives, des détonateurs à retard et à déclenchement par ondes radio, un abri-individuelle, une couverture de campement, une gamelle, des piquets et des sardines, qu’il plaça près du «M1941 Johnson Light Machine Gun».


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Quae commoda sint pornographiae - Part 36



Quae commoda sint pornographiae - La Présidente du Conseil Régional de Poitou-Charentes dans un placard.

Mais peut-être l'intox opérée par le «Musketeer» avait-elle porté ses fruits au-delà de ce qu'il espérait. Les sociaux-libéraux du «Parti Socialiste» avaient-ils résolu de coller la Présidente du Conseil Régional de Poitou-Charentes dans un placard pour satisfaire leurs copains du «55» et du «Medef?...» Si cela s'avérait, ça ne représentait rien de bien agréable, non plus, pour le «Florentin». Diminuant un peu le rapprochement de l'image, Dider’ examina encore le camp dans son ensemble, les cinq grands chalets de bois vernis dont trois étaient bâtis sur deux niveaux bénéficiaient apparemment de tout le confort souhaitable. L'extrémité d'une sorte de pipe-line plongeait dans le plan d’eau, l'autre s'enfonçant dans le sol cent mètres plus loin, dans l'axe de ce qui pouvait être une petite station de filtrage. A l'opposé, il y avait un bâtiment en dur d'où partaient les câbles figurant sur les photos faites durant la nuit. C'était bien une mini centrale électrique capable d'alimenter tout le camp et ses installations techniques en courant stabilisé. Près de pylônes supportant les antennes, d'autres câbles gainés sortaient du sol, reliés aux paraboles. Ça n'avait rien d'un bricolage fait à la hâte. C'était du sérieux.Un instant, Dider’ eut un doute. Se pouvait-il que le «Parti Socialiste» ait monté tout ce cirque dans le seul but de recevoir des «Prospects?...» Etait-ce uniquement pour opérer en toute sécurité leurs ténébreuses affaires?... S'il avait correctement estimé la situation, cela signifiait que des sommes énormes étaient en jeu, en provenance d'un peu partout dans l’hexagone. Des centaines de millions d’euros, pourquoi pas des milliards. Un coup sans précédent. Si tel était bien le cas, les rapaces de l’«aile droite» du Parti Socialiste, de l’«Union pour un Mouvement Populaire» et du «Medef» pouvaient avoir effectivement investi des capitaux relativement importants dans le seul but de ces négociations secrètes. Ils pouvaient également avoir envisagé d'amortir le coût de l'opération en laissant par la suite les installations fonctionner comme un centre régional de téléphonie et de télématique, faisant ainsi feu de tout bois. Malheureusement pour eux, vu ce qu'il en resterait après le passage du Viking «rouge», ils auraient bien du mal à recycler leur belle installation. D'ailleurs peu importait l'utilisation ultérieure de cet agencement technique. Le «Musketeer» avait l'intention de mettre le feu aux poudres avant l'arrivée des poules aux œufs d'or de l'«Union Démocratique Internationale». L'ennemi était là, sous ses yeux, et il n'allait pas le laisser s'évaporer dans la nature...


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Quae commoda sint pornographiae - Part 35


Quae commoda sint pornographiae - Les types de l'«Union démocratique internationale», ne mélangent pas les affaires avec ce qu'ils appellent communément la fesse.

A côté de «Dominique Strauss Kahn», un traitre promenait un regard neutre sur le petit groupe qui venait de se former. Ses pommettes saillantes et ses yeux profondément enfoncés dans les orbites témoignaient de ses origines «Neuilléennes». Il se nommait «Jean-Christophe Cambadélis» mais tout le monde l'appelait «Kosta». Cent vingt kilos d'os et de muscles. C'était le garde du corps personnel de «Strauss Kahn». Son front était bas mais il n'était pas stupide, suffisamment intelligent, en tout cas, pour piger une situation à risque au quart de tour et agir avec une rapidité stupéfiante.
  • Jean-Christophe Cambadélis, homme politique français, né le 14 août 1951 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Jean-Christophe Cambadélis a milité de 1971 à 1986 au sein du parti trotskyste OCI (puis PCI) sous le blaze de Kosta. Il est rapidement apparu comme le principal animateur du travail de cette organisation en direction de la jeunesse étudiante. Fondateur et dirigeant de l'UNEF-ID en 1980, il quitte en 1986 le PCI avec près de 450 autres militants pour rejoindre le PS. Ce départ de Cambadélis ruine l'activité du PCI en direction de la jeunesse étudiante. Cambadélis est l'un des promoteurs de la Gauche plurielle, et l'un des plus proches collaborateurs de Jospin (n°2 du parti). Cambadélis est actuellement l'un des principaux dirigeants du PS. Il anime aussi le courant majoritaire « Socialisme et Démocratie ». Il est élu député le 16 juin 2002, pour la XIIe législature (2002-2007), dans la circonscription de Paris (20e). Poursuivi pour recel d'abus de biens sociaux dans l'affaire Agos, car il avait bénéficié d'un emploi fictif entre mars 1993 et septembre 1995, il fut condamné à 5 mois de prison avec sursis et 100 000 francs d'amende par le tribunal correctionnel de Paris.Jean-Christophe Cambadélis soutien la motion 1 de François Hollande présenté lors de congrès du Mans en 2005.
Un panoramique supplémentaire sur les bâtiments qui s'alignaient au premier plan permit au «Musketeer» de distinguer des silhouettes derrière de larges fenêtres, quelques visages qu'il n'avait jamais vus. Mais rien qui ressemblât au «Florentin». Le gros magouilleur du social-libéral «Socialiste» demeurait invisible. Il n'était pourtant pas difficile de le reconnaître, avec ses cent cinquante kilos de tissus adipeux, sa tignasse mesquine et ses yeux marron sombre sans cesse en mouvement. Peut-être se terrait-il quelque part pour ne pas se mélanger à la faune des membres du Parti Socialiste, se réservant d'apparaître pour recevoir les «acheteurs» venus au rendez-vous. Peut-être aussi ces types de la «Nouvelle-Gauche-Plurielle» avaient-ils décidé de le mettre sur la touche, par prudence et pour récupérer une part du marché juteux. Poursuivant son observation, Dider’ crut apercevoir durant une fraction de seconde une silhouette féminine derrière une fenêtre d'un bâtiment en préfabriqué. Il n'en fut pas certain, la vision avait été trop fugace. Se pouvait-il que ce soit «Ségolène Royal?...» Si tel était le cas, ça ne signifiait pas grand-chose de bon pour elle. Après la conversation que Dider’ avait échangée avec «Dominique Strauss Kahn» en se faisant passer pour un consigliere du «Medef», puis celle qu'il avait surprise entre le même «Strauss Kahn» et un certain «Nicolas Sarkozy» qui, lui, appartenait vraissemblablement au «Grand Conseil mafieux de l’Union pour un Mouvement Populaire», ce n'était pas logique. Les types de l'«Union Démocratique Internationale», ne mélangent pas les affaires avec ce qu'ils appellent communément la fesse.


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Quae commoda sint pornographiae - Part 34


Quae commoda sint pornographiae - Ce que le «Parti Socialiste» faisait de mieux en matière de criminalité à grande échelle.

D'après ce que le Viking «rouge» avait appris, «Bertrand Delanoë» était plus spécialement chargé de la sécurité des affaires locales et avait la main mise sur les bandes de racketteurs, de cogneurs et de gangsters de tous crins de la région-parisienne. Un homme petit et trapu, au mufle proéminent, quitta un véhicule à l'arrêt et fit un signe à «Delanoë». Dider’ mit également un nom sur ce visage d'animal: «Dominique Strauss Kahn», le capo en titre au «Texas-La Sarthe», qui avait été mis gravement en cause dans les médias pour des affaires judiciaires liées à ses fonctions d'avocats (MNEF et affaire Elf). La justice l’avait mis entièrement hors de cause (relaxé) dans les affaires en question… «Strauss Kahn», malgré la rusticité de son aspect physique, avait un esprit des plus vifs, apte à tordre des situations dans le sens qui lui était le plus favorable, à retourner d'éventuels opposants et à faire éliminer tous ceux qui pouvaient représenter un quelconque danger pour lui. Derrière le «Maire du tout Paris», un type grand et sec, à l'allure d'oiseau de proie, arrivait en pressant le pas. Celui-là, d'après la description faite à Dider’ par «Karl Olsen’» son éditeur, était vraisemblablement «Jack Lang», un cousin de l' «homo-habilis», un important capo du grand conseil mafieux du «Parti Socialiste» siégeant à «Paris-New York, rue Solferino». A eux trois, ils représentaient ce que le «Parti Socialiste» faisait de mieux en matière de criminalité à grande échelle. Ils étaient d'une avidité incontestable, particulièrement efficaces pour mener à bien les opérations les plus tordues, et savaient comment éviter les dangers représentés par le «Parti Communiste» dont ils semblaient se jouer depuis longtemps. C'étaient de dangereux rapaces qu'il ne fallait surtout pas mésestimer.


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Quae commoda sint pornographiae - Part 33


Quae commoda sint pornographiae - Les soudards de la «rue Solferino».

Visiblement, ceux qui étaient chargés de la sécurité du camp avaient reçu des consignes précises. Chacun d'eux vaquait à des tâches déterminées. Dider’ comprit qu'il y avait un dispositif établi sur trois niveaux de sécurité. Le plus large était constitué par plusieurs chars révolutionnaires, équipé d'une tourelle pivotante sur 360° et d’un canon de 37 mm SA18, qui sillonnaient les alentours, chacun occupé par trois hommes d'équipage dont les visages fermés et graves en disaient long sur leurs qualités de miliciens. Il s'agissait de véritables garçons bouchers, des gars aux ordres, bien entraînés à détecter les anomalies et à utiliser leurs armes.
Ceux qui effectuaient des rondes à pied étaient du même calibre, à n'en pas douter. Ils constituaient le niveau de surveillance intermédiaire. Tous prenaient leurs rôles très au sérieux, n'hésitant pas à dévier de leur tracé pour aller inspecter des zones pouvant être suspectes. Régulièrement, ils faisaient des comptes-rendus dans leurs radios portatives, repartaient, croisaient leur cheminement avec méthode et constance. Et, enfin, des observateurs occupaient divers postes à l'intérieur du camp, des types munis de jumelles qui scrutaient régulièrement les alentours, installés à mi-hauteur de pylônes supportant les antennes paraboliques ou sur les toits de plusieurs véhicules, «Berliet», en stationnement placés en situation stratégique. Le Viking «rouge» était rarement tombé sur une organisation aussi impénétrable. De ce qu'il pouvait englober, il fit une première estimation des effectifs mafieux du «Parti Socialiste». Une cinquantaine de flingueurs, pour le moins. Tous, visiblement, étaient tendus comme s'ils avaient reçu des directives spéciales en vue d'une situation qui n'avait plus rien à voir avec la routine. C'était ce qu'avait espéré le «Musketeer» en bousculant quelque peu les soudards de la «rue Solferino». Lorsque le moment serait venu, il voulait les voir sauter sur leurs flingues, mus par de subites et irréversibles poussées d'adrénaline, foncer comme des bêtes sauvages animées à la fois par la hargne et la trouille de ne pas voir d'où viennent les coups. Il devait y avoir des troupes, aussi, à l'intérieur des bâtiments, tenues en réserve et prêtes à apporter un renfort aux autres. C'était classique. Traversant un espace d'une trentaine de mètres entre deux bâtiments, un homme lançait des appels en direction d'un petit groupe sur un parking de terre battue. Dider’ l'identifia comme étant «Bertrand Delanoë», l'un des meneurs de la «grosse combine texane-au-Mans», dont «Jean-Marie Bockel» lui avait parlé avant qu'il lui loge une balle dans le crâne.


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Quae commoda sint pornographiae - Part 32


Quae commoda sint pornographiae - Phone Call From Leavenworth...

Le «Musketeer» arriva à pied d'œuvre alors que l'aube nimbait la région de lueurs grisâtres. Il arrêta le «Nuffield-Liberty» à bonne distance du plan d’eau de la «Gemerie», sur une petite proéminence de terrain qui le plaçait légèrement en surplomb par rapport à son objectif. Une mesure par télémétrie lui indiqua avec précision la distance qui l'en séparait : 900 mètres.
L'endroit était conforme à la description faite par le «Baron Von Richthofen» et à ce qu'il avait examiné sur les clichés de nuit aux infrarouges; à cette différence qu'il y avait une certaine agitation dans la place que les photos ne montraient pas. Il n'était pas encore 7 heures du matin, mais des hommes s'affairaient à des tâches diverses, des automitrailleuses à chenilles «Renault FT-17» tout-terrain allaient et venaient, certains partant visiblement pour effectuer des rondes de surveillance relativement étendues, surtout dans la zone boisée en bordure du plan d’eau. Deux hélicoptères polyvalents se trouvaient en stationnement à quelque distance des premiers bâtiments, deux «Dauphin» dont les grandes pales retombaient mollement, et dont les moteurs étaient probablement encore chauds. Le «Congrès», à proprement parler, s'étendait sur trois ou quatre hectares non clôturés, mais des hommes se tenaient bien au-delà de cette limite virtuelle, montant visiblement la garde. Certains effectuaient des rondes de routine, tous armés et équipés de «TRPP 11». Emetteur -récepteur fonctionnant uniquement en phonie.
Des nuages sombres se traînaient à basse altitude, annonciateurs de pluie, mais, pour l'instant, la visibilité horizontale demeurait excellente. Le «Musketeer» avait mis discrètement en batterie la «Mammoth camera of George R. Lawrence» longue portée et effectué un zoom pour un balayage panoramique des lieux. Il voulait se faire une idée très précise sur les moyens de défense mis en place par le «Parti Socialiste», estimer le plus possible la capacité de réaction adverse et mettre au point son approche ainsi que des cheminements de repli. A distance, en utilisant le fantastique pouvoir de destruction de son tank rhomboïde, il aurait pu anéantir en quelques minutes ces installations et éliminer la vermine qui y grouillait. Quelques obus de 6 livres bien dirigées et il n'aurait plus subsisté que des décombres fumantes. Mais Dider’ ignorait si des civils ne se tenaient pas parmi les «Socialistes sociaux-libéraux» qui occupaient ces installations incroyables. Il se pouvait que des «clients» délégués par des «Secrétaires Nationaux» soient déjà arrivés sur place. Il n'avait pour l'instant aucun moyen d'avoir une certitude à ce sujet et ne voulait surtout pas d'un tir à l'aveuglette, même si ces types venaient conclure des affaires ténébreuses avec le «Parti Socialiste». Ce n'étaient que des sortes de représentants, vraisemblablement accompagnés d'experts ou de chargés de mission venus pour vérifier la validité de la marchandise proposée et qui n'avaient peut-être pas la moindre idée de la grosse magouille. Il fallait donc qu'il aille au contact pour s'en assurer. Mais, d'abord, il devait préparer méticuleusement son action, sachant très bien que toutes sortes d'impondérables pouvaient surgir à n'importe quel moment lorsqu'il se lancerait en avant. Aussi le Viking «rouge» tenait-il à minimiser le plus possible cette prise de risque. Contrairement à ce que croyaient certains politicards-pourris qui n'avaient jamais eu directement affaire au «Musketeer», celui-ci ne fonçait jamais tête baissée contre l'ennemi, ne comptait jamais uniquement sur sa force de frappe ou sur son entraînement au combat. Il ne minimisait pas non plus la capacité de réaction de ses adversaires, ne les sous-estimait surtout pas. Invariablement, il tentait de prévoir de quelle façon ceux-ci riposteraient, de quel délai il pouvait bénéficier avant que les troupes de partisan au «social-libéral», s'organisent une fois les premiers moments de panique passés. L'objectif n'était pas seulement de détruire l'ennemi, mais aussi d'en sortir vivant.

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Quae commoda sint pornographiae - Part 31


Quae commoda sint pornographiae - C'te connard, même le «Viagra» ne lui fait pas lever la queue!

- Je te le fais pas dire. Si on se fout l’«UMP» à dos, c'est très, très mauvais pour nous. Et j'ai l'impression que «Dominique» a eu quelques mots avec ce «Nicolas» au téléphone. Ça pourrait être ennuyeux, mais je pense qu'on devrait tirer parti de ça.
- Qu'est-ce que tu as en tête, «Jack?...»
- A mon avis, on devrait clarifier la situation une bonne fois pour toutes.
- Est-ce que je dois comprendre que...
- Oui. Tu m'as très bien compris. Le moment est venu. Une fois tous ces mecs liquidés, ceux du «Medef» ne viendront plus nous emmerder. Ça fera une part en plus pour l’«UMP» et une part en plus pour nous. Et tout le monde sera content.
- On parle bien du «Florentin» et de ses troupes?
- Evidemment. Et on commence par le gros porc.
- Et sa grognasse?
- Elle aussi. Mais avant, ce serait bon d'avoir un brin de conversation avec elle pour qu'elle nous parle de ses potes. On aurait intérêt à s'occuper d'eux aussi, et fissa!...
«Bertrand Delanoë» partit d'un petit éclat de rire ridicule.
- Qu'est-ce qui te fait marrer?
- Je pense à ce gros sac à merde qui se voyait déjà producteur de cinoche.
Il prit une voix de fausset pour parodier «François Hollande»:
J'vous présente ma vedette! C'est moi qui l'ai découverte, vous savez. J'voudrais bien me la faire, mais je sais plus comment on fait pour bander... C'te connard, même le «Viagra» ne lui fait pas lever la queue!
«Jack Lang» le doucha brusquement:
- Te secoue pas trop la brioche, «Bertrand». Ça va être à toi de le faire.
- Pourquoi moi?
- C'est ta partie, non?
- Je veux bien m'occuper de la pétasse, y a pas de problème.
- Dis, t'as pas l'intention de te débiner, hein?
- Je plaisantais, «Jack», je plaisantais.
«Jack Lang», lui, n'avait pas le ton de quelqu'un enclin à la plaisanterie.
- A ta place, je ne perdrais pas de temps. «Bertrand». Plus tôt ce sera fait, mieux ce sera pour nous. Faudra déblayer les ordures avant l'arrivée de nos représentants. Il faut que le terrain soit parfaitement clean.
- T'inquiète pas. Un quart de milliard en plus, ça file des ailes. Et toi, tu pars quand?
- Il va me falloir une petite demi-heure pour régler les derniers préparatifs.
- Tu veux que je passe te prendre avec l'hélico?
- Non, démarre maintenant, moi je viendrai avec ma caisse. Mais tu peux prendre «Strauss-Kahn» en passant, il est encore dans la baraque du «Florentin».
- O.K.
- Surtout ne préviens personne là-bas de ce que tu prépares. Tu donneras les consignes à tes filles en arrivant.
- Evidemment. Tu as quelque chose à faire dire à la grosse gonfle avant que je m'en occupe?
«Jack Lang» s'esclaffa:
- Dis-lui qu'on va baiser sa vedette et qu'elle va adorer.
- Il va en crever de rage.
- Pas seulement de rage. Tu connais la routine, hein, «Bertrand!...»
- Ouais, ouais, te frappe pas, j'ai déjà commandé la benne à ordures.



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Quae commoda sint pornographiae - Part 30


Quae commoda sint pornographiae - Mettre son nez dans leurs affaires.

- C'est toi, «Jack?...» demanda «Bertrand Delanoë» dans son portable.
En bout de ligne, «Jack Lang» émit une sorte de hennissement qui se voulait peut-être un signe de connivence.
- Comment ça se passe avec le gros sac et sa star bidon?
- «Dominique» vient de me dire que ça n’a pas été coton, mais tout s'arrange.
- C'est-à-dire?
- Il est parti pour le plan d’eau de la «Gemerie» avec sa pouffiasse. II est d'accord pour l'obliger à planquer son cul pendant qu'on négociera avec tous ces mecs.
- Ça aurait peut-être été mieux de s'en occuper avant.
- J'crois pas. J'en ai discuté avec «Strauss Kahn», les copains du sac à merde savent où il est. Ce serait con qu'ils rameutent les «Renseignements Généraux» du côté de «Waco» au Mans.
- Quelle est la différence?
- Il leur a passé un coup de fil juste avant d'embarquer dans son hélico, donc on est tranquille pendant quelques heures. Fallait l'endormir, lui et ses grosses relations.
- Heu, je croyais qu'on avait décidé de la façon de se passer de lui. Il y aurait du nouveau?
- Oui et non, répondit «Delanoë». Nous sommes toujours d'accord pour lui régler son affaire mais on a des informations en provenance de la «rue Solferino».
- Tu veux parler de cette histoire de gus qu'on nous aurait expédié ici?
- C'est ça, oui.
- «Dominique» m'en a parlé. Il m'a dit que le «Florentin» était dans tous ses états.
«Bertrand Delanoë» ricana-vieille-buse.
- Ouais, il paraît. Il a eu deux conversations avec des gars de la «rue Solferino». Les capi veulent qu'on mette les gus de la «Banque Centrale des États-Unis» sur la touche.
- T'es sûr de ça?
- J' crois qu'il y a pas d'erreur. Il a d'abord eu un appel d'un certain «Ernest-Antoine», pour nous mettre en garde contre, heu, comment dire, une opposition entre les familles du «Parti Socialiste» et celles de «L’Union pour un Mouvement Populaire». C'est du moins ce que «Dominique» a compris.
- Ce «Ernest-Antoine», c'est qui?
- Ça pourrait être n'importe qui. Il a dit qu'il était le porte-parole de nos amis.
- Je connais un «Ernest-Antoine», à Paris. «Ernest-Antoine Sellière», il est le consigliere du «Medef».
- Le «Medef». Monsieur «Le Baron», ton cousin?...
- Ouais.
- C'est vrai qu'il a toujours été de notre côté... Tout de suite après, «Dominique Strauss-Kahn» a eu un autre appel de «Nicolas Sarkozy». Tu vois de qui il s'agit?...
- Très bien, oui. Ce sale con a toujours voulu mettre son nez dans nos affaires. Et il est le Ministre de l'Intérieur et Président de l' «UMP».


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Quae commoda sint pornographiae - Part 29


Quae commoda sint pornographiae - Les tranchées du Mans.

Dider’ envisageait d'arriver au plan d’eau de la «Gemerie» un peu avant 7 heures du matin. Ça lui laisserait le temps d'observer les lieux à l'aide des caméras longue-portée de son gros «V12».
Le «Liberty» pouvait rouler bien plus vite que 8.45 km/h. Huitième version d’engin de destruction du «Musketeer», peut-être le plus beau de tous les tanks rhomboïdes, l'énorme V-12 – «the Nuffield-Liberty» de William Morris - Lord Nuffield - était capable de performances dignes des engins de «Rock Island Arsenal», comme de rouler à plus de 4 km/h en parcours tout-terrain tout en tirant des obus de 6 livres ou des roquettes sur un objectif situé à plus de mille mètres. Un stabilisateur anti-roulis, anti-tangage, compensant en souplesse les cahots. En plus de nombreuses possibilités offensives et défensives, l'engin était techniquement équipé pour faire face à toutes les situations que l'on rencontre habituellement dans les tranchées du Mans. Un système de visée laser couplé à un ordinateur de tir permettait d'atteindre une cible en mouvement avec un maximum de précision et d'efficacité et, côté transmissions, le «Liberty» recélait dans ses flancs un matériel comparable à celui équipant un «De Havilland DH-9A bomber». Le tout avait, coûté à Dider’ la bagatelle de 35,000 dollars, une partie de ses fonds de guerre prélevés à la corruption lors de ses «Blitzkrieg» répétés.
En quelques minutes, après avoir vérifié sa réserve d'armes et de munitions, il fut fin prêt et commença à faire rouler le lourd véhicule en direction du sud-ouest, sur la départementale longeant le petit aérodrome.


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